Le président du Conseil stratégique du PPA-CI, Sébastien Dano Djédjé, a été inculpé de 17 chefs d'accusation par la section antiterroriste d'Abidjan. Placé sous contrôle judiciaire, l'ancien ministre voit son champ d'action limité alors que les tensions politiques liées au scrutin présidentiel de 2025 continuent de marquer l'actualité judiciaire ivoirienne.
Dix-sept chefs d'accusation devant la section antiterroriste
L'audition de Sébastien Dano Djédjé, qui a duré environ deux heures, a abouti à une inculpation lourde. Selon les précisions apportées par son avocate, Me Roseline Aka Sérikpa, les charges retenues contre le responsable politique incluent des faits graves tels que l'atteinte à la sûreté de l'État, l'assassinat, des actes terroristes, ainsi que le vol et la destruction de biens publics. Ces poursuites englobent également la participation à des manifestations interdites, des éléments que la défense lie directement aux troubles ayant émaillé la période électorale d'octobre 2025.
Des restrictions de mouvement et une contestation procédurale
À l'issue de cette comparution, le cadre du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI) a regagné son domicile sous un régime de contrôle judiciaire. Cette mesure lui impose notamment une interdiction de quitter le territoire ivoirien sans une autorisation préalable des autorités en charge de l'enquête. Parallèlement, le conseil de l'ancien ministre a d'ores et déjà contesté la forme de la procédure, arguant que les dispositions légales spécifiques protégeant les anciens membres du gouvernement n'auraient pas été dûment respectées par les autorités judiciaires.
Une série d'interpellations au sein de l'opposition
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de pressions accrues sur la direction du parti fondé par Laurent Gbagbo. L'inculpation de Dano Djédjé survient en effet seulement un mois après l'incarcération de Justin Koné Katinan, quatrième vice-président du PPA-CI. Ce dernier est également visé par des poursuites judiciaires en lien avec les violences post-électorales de 2025. La multiplication de ces dossiers judiciaires visant des figures de proue du parti constitue un point de vigilance majeur quant à l'évolution du climat politique et à la gestion des contentieux liés au dernier scrutin présidentiel dans le pays.