La controverse entourant l'octroi de visas pour la Coupe du monde 2026 au Ghana dépasse le simple cadre des appels à la démission du ministre des Sports. Pour Senyo Hosi, figure de la société civile, cet incident révèle des failles systémiques dans l'administration publique qui exigent une réponse fondée sur la conformité constitutionnelle et l'éthique de responsabilité.
Des irrégularités dans la sélection des délégations
Le cœur du litige repose sur des allégations de paiements illicites, allant de 7 000 à 14 000 dollars, pour l'obtention de visas. Des vérifications effectuées auprès des ambassades des États-Unis et du Canada ont mis en lumière des incohérences majeures dans les listes transmises par les autorités ghanéennes. Sur 50 noms soumis par l'Autorité du tourisme du Ghana (GTA) en tant que personnel médiatique, seuls deux ont été confirmés comme professionnels des médias. De même, l'Autorité nationale des sports (NSA) a vu seulement 15 de ses 102 noms validés comme employés réels de l'institution.
L'exigence de probité administrative
Senyo Hosi rappelle que cette affaire doit être analysée à l'aune de l'article 232 de la Constitution de 1992, qui impose aux organismes publics des principes de justice administrative, de raisonnabilité et de transparence. L'enjeu est de restaurer la confiance publique et de mettre fin à une culture politique où les critiques sur la gestion des affaires publiques varient selon que les partis sont au pouvoir ou dans l'opposition. Il souligne que la répétition de ces erreurs compromet gravement la réputation du pays et les valeurs transmises aux générations futures.
Mesures conservatoires et responsabilités
Face à l'ampleur des critiques, des changements ont été opérés au sein de la NSA, avec le départ du directeur général Yaw Ampofo Ankrah et la nomination par intérim du professeur Emmanuel Osei Sarpong. De son côté, le ministère des Sports a tenté de se dédouaner en publiant une chronologie des faits, affirmant que certains arrangements liés à l'expérience des supporters avaient été initiés avant son implication directe. Alors que l'opposition parlementaire exerce son droit de regard, l'appel à une enquête rigoureuse et impartiale se fait pressant pour établir les faits, au-delà des simples joutes politiciennes sur le maintien ou non des responsables en poste.