Le scandale des visas liés à la participation du Ghana à la Coupe du Monde 2026 prend une tournure politique majeure, marquée par des accusations d'exploitation de fonctions publiques à des fins frauduleuses. Senyo Hosi, figure de la société civile, exhorte les autorités à dépasser les querelles partisanes pour se concentrer sur la protection des citoyens victimes d'une escroquerie estimée à 623 000 dollars.
Un système de fraude présumé au cœur de l'administration
Au centre des préoccupations figurent des allégations selon lesquelles des individus auraient utilisé leur influence et leurs connexions au sein de l'appareil d'État pour faciliter des demandes de visas en échange de sommes d'argent. Pour Senyo Hosi, le cœur du problème réside dans l'instrumentalisation du service public pour soutirer des fonds à des candidats au voyage. Il insiste sur la nécessité de ne pas réduire cette affaire à une simple polémique sur la responsabilité du ministre des Sports, mais de traiter le préjudice financier subi par les citoyens comme une priorité absolue.
Suspensions et mesures conservatoires
Face à l'ampleur des irrégularités, le président John Dramani Mahama a ordonné la mise à l'écart du directeur général de la National Sports Authority (NSA), Yaw Ampofo Ankrah. Le professeur Emmanuel Osei Sarpong a été nommé pour assurer l'intérim. Cette décision intervient alors qu'une enquête policière est en cours pour faire la lumière sur les mécanismes ayant permis cette fraude. L'enjeu pour l'administration actuelle est de démontrer sa capacité à sanctionner les manquements, sous peine de voir sa crédibilité durablement entachée.
L'exigence d'une éthique politique renouvelée
Au-delà des responsabilités individuelles, cette controverse soulève des questions structurelles sur la culture de l'intégrité au sein de la classe politique ghanéenne. Senyo Hosi a interpellé les partis politiques sur la nécessité de réévaluer les valeurs transmises à leurs membres, soulignant que l'usage du piston et des réseaux personnels pour obtenir des avantages indus est un mal profond. Il a adressé une mise en garde directe au président Mahama, affirmant que l'absence d'une résolution complète et transparente de ce dossier pourrait constituer un échec majeur pour son mandat.
La prudence face aux accusations ministérielles
Tout en réclamant la vérité, M. Hosi appelle à la nuance concernant le rôle du ministre des Sports. Il souligne que les responsables politiques s'appuient souvent sur des informations transmises par des institutions étatiques, ce qui complexifie la détermination de leur degré de complicité ou de négligence. L'objectif, selon lui, doit rester l'identification précise des facilitateurs du système frauduleux afin que les véritables auteurs soient traduits en justice.