La province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, fait face à une saturation critique de ses capacités d'accueil pour les patients atteints d'Ebola. Avec un taux d'occupation atteignant 95,6 % dans les structures normées, les autorités sanitaires peinent à isoler efficacement les malades, poussant 42 % des patients à être pris en charge en dehors des centres spécialisés.
Une situation épidémiologique préoccupante
Au 19 septembre, le bilan national cumulé s'établit à 7 672 cas confirmés pour 3 699 décès, soit un taux de létalité de 48,2 %. Si l'Ituri demeure l'épicentre actuel de la propagation, le Nord-Kivu affiche une létalité particulièrement alarmante de 60,6 %. La pression sur le système de santé est exacerbée par une baisse du suivi des contacts, tombé à 79,9 %, et par la persistance de décès communautaires, illustrant les difficultés logistiques et sociales de la riposte.
Saturation des structures à Butembo et Katwa
Le rapport du Centre d’opérations d’urgence de santé publique souligne une impasse dans les zones de santé de Butembo et Katwa, où aucun lit n'est disponible. Cette pénurie contraint les équipes médicales à gérer une part importante de patients hors des circuits normés, ce qui limite les capacités d'isolement et de soins holistiques. Sur les 376 patients hospitalisés dans la province à la date du 19 septembre, seule une fraction bénéficie d'un encadrement dans les structures dédiées.
Renforcement des capacités avec le centre de Matanda
Pour répondre à ce déficit, un nouveau centre de traitement Ebola (CTE) a été inauguré le 21 septembre à Matanda, dans la ville de Butembo. Financée par l'organisation International Medical Corps, cette structure ajoute trente lits supplémentaires, dont une unité dédiée aux enfants. Ce centre vise à renforcer l'isolement rapide des cas suspects et confirmés, un levier jugé essentiel pour briser les chaînes de transmission locales.
L'enjeu de la prise en charge hors structures
Malgré l'ouverture de ce nouveau CTE, le défi reste entier. Avec une capacité normée portée à 258 lits pour 376 patients recensés, le déficit structurel demeure une réalité non chiffrée par les autorités. L'indicateur clé pour les semaines à venir sera l'évolution du taux de patients pris en charge en dehors des structures normées. La capacité des autorités sanitaires à réduire ce chiffre de 42 % déterminera l'efficacité réelle de la riposte face à une épidémie qui continue de se propager dans sept provinces du pays.