Avec son livre « Le casse du siècle », publié ce 2 septembre, Sarah Knafo, figure de proue de Reconquête, dresse un réquisitoire sans concession contre la gestion des finances publiques en France. Entre dénonciation d’un « vol organisé » des impôts des Français et plaidoyer pour une austérité radicale, l’eurodéputée propose des remèdes inspirés du modèle argentin de Javier Milei, tout en réglant ses comptes avec Marine Le Pen.
Un « casse légal » de mille milliards d’euros
Sarah Knafo, ancienne haute fonctionnaire passée par la Cour des comptes, qualifie la gestion des finances publiques en France de « casse du siècle », un « vol organisé » où l’État prélèverait « l’argent des Français pour ne le rendre à personne ». Selon elle, cette « catastrophe » résulte d’un enchaînement de « mauvaises décisions, de renoncements et de lâchetés » de la part de tous les dirigeants, d’Emmanuel Macron à François Hollande en passant par Nicolas Sarkozy. Le livre, tiré à 100 000 exemplaires, s’appuie sur des exemples concrets, comme la fiche de paie d’un salarié médian, pour illustrer l’écart entre le brut et le net, qu’elle présente comme une « pièce à conviction » de ce détournement.
La CSG, cible d’une réforme controversée
Parmi les propositions phares de Knafo figure la suppression de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) sur les fiches de paie, afin de rapprocher le salaire brut du net. Cette mesure, qui représenterait un manque à gagner de 87,5 milliards d’euros pour la sécurité sociale, s’inscrit dans une logique de réduction des prélèvements obligatoires. Pourtant, la CSG finance près de 20 % du budget de la sécurité sociale, rendant une telle réforme particulièrement délicate à mettre en œuvre sans compensations budgétaires drastiques.
L’austérité à la Milei : réduire les fonctionnaires et les dépenses
Pour financer ses baisses d’impôts, Sarah Knafo prône une réduction drastique des dépenses de l’État, notamment via une baisse du nombre de fonctionnaires. Elle cite en exemple le modèle argentin de Javier Milei, dont les coupes budgétaires ont permis de réduire l’inflation mais au prix d’une chute du pouvoir d’achat et d’une hausse du chômage. Knafo ignore les conséquences sociales de cette approche, se concentrant sur les résultats macroéconomiques : une inflation maîtrisée et une amélioration de la note souveraine de l’Argentine.
Retraites et immigration : les autres cibles de Knafo
La dirigeante de Reconquête s’attaque également à la proposition de Marine Le Pen de revenir à la retraite à 60 ans, qu’elle qualifie de « reprise de la proposition n°82 du programme de François Mitterrand en 1981 ». Elle critique aussi le « business » de l’immigration, accusant les passeurs de choisir la France pour son « assistanat », tandis que d’autres pays européens attirent des migrants en quête de travail. Ces prises de position s’inscrivent dans la ligne dure du parti, en pleine préparation des échéances électorales de 2027.
Un livre pour préparer 2027 ?
La sortie de « Le casse du siècle » intervient alors que les spéculations sur la candidature d’Éric Zemmour à la présidentielle de 2027 s’intensifient. Sarah Knafo, souvent présentée comme la « locomotive économique » du parti, assume un rôle de premier plan dans cette stratégie, tandis que des doutes persistent au sein même de Reconquête sur l’engagement réel de Zemmour. Le livre, à la fois pamphlet et manifeste, pourrait ainsi servir de rampe de lancement pour une campagne axée sur la rigueur budgétaire et la critique des élites.