Une étude menée auprès de 150 vendeurs sur les marchés d'Accra met en lumière une prévalence préoccupante du surpoids et de l'obésité au sein de cette population active. Ces résultats soulignent l'urgence d'adapter les politiques de santé publique aux contraintes réelles de ceux qui assurent la sécurité alimentaire des centres urbains.
Un état des lieux alarmant
Les mesures anthropométriques réalisées à Dansoman révèlent que seulement 20 % des commerçants interrogés présentent un indice de masse corporelle (IMC) dans la norme. Environ 40 % sont en situation de surpoids, tandis qu'un tiers souffre d'obésité. Au-delà de l'IMC, les niveaux élevés de graisse corporelle, particulièrement au niveau abdominal, exposent ces travailleurs à des risques accrus de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2. Cette situation n'est pas isolée : des recherches antérieures à Cape Coast et au marché de Kaneshie avaient déjà identifié des tendances similaires, confirmant une problématique de santé publique récurrente chez les acteurs du commerce informel au Ghana.
Décalage entre perception et réalité
L'étude souligne une dissonance cognitive marquée : bien que de nombreux participants expriment une insatisfaction vis-à-vis de leur poids et cherchent activement à maigrir, ils perçoivent souvent leur corpulence comme normale. Ce manque de précision dans l'auto-évaluation constitue un obstacle majeur à la mise en place de stratégies de santé efficaces. Sans une compréhension objective de leur état de santé, les individus peinent à adopter des mesures correctives adaptées.
Des méthodes de perte de poids inefficaces
Face à la volonté de perdre du poids, les stratégies privilégiées par les commerçants manquent souvent de fondement scientifique. Le saut de repas est la pratique la plus courante, alors que les preuves cliniques sur l'efficacité de cette méthode pour la gestion pondérale restent mitigées. Parallèlement, l'activité physique structurée, comme la fréquentation de salles de sport, demeure marginale, la marche étant la seule forme d'exercice régulièrement citée.
L'influence des sources d'information non spécialisées
Les commerçants s'orientent majoritairement vers les réseaux sociaux, les amis ou la famille pour obtenir des conseils nutritionnels, délaissant les professionnels de santé. Cette tendance pose un enjeu de crédibilité : les informations accessibles en ligne ou via l'entourage ne sont pas toujours adaptées aux besoins physiologiques individuels. Les experts en nutrition sont désormais appelés à investir ces espaces numériques pour proposer des alternatives fiables et accessibles.
Adapter la nutrition aux contraintes professionnelles
La réussite d'une stratégie de santé dépend de sa faisabilité dans le quotidien des travailleurs. Les longues heures passées sur les étals, la disponibilité limitée des aliments et l'organisation du temps de travail imposent de repenser les recommandations nutritionnelles. Plutôt que de prescrire des régimes restrictifs, les professionnels de santé préconisent une approche globale incluant le suivi des indicateurs de santé, une meilleure éducation nutritionnelle et des solutions pratiques intégrables à la réalité du terrain.