Le ministre rwandais de la Santé, le Dr Sabin Nsanzimana, a profité de la journée nationale de travail communautaire (Umuganda) dans le district de Rubavu pour intensifier la campagne de sensibilisation contre la consommation de boissons illicites. Ce plaidoyer s'appuie sur le parcours tragique d'Augustin Habimana, dont l'addiction a failli coûter la vie et illustre les risques sanitaires majeurs posés par ces produits non réglementés.
Un parcours marqué par l'emprise de l'addiction
Surnommé « CEPGL » par ses pairs en référence aux employés aisés de la Communauté économique des pays des Grands Lacs, Augustin Habimana a longtemps incarné une déchéance sociale liée à l'alcoolisme. Initié très jeune, il a vu sa vie basculer entre décrochage scolaire, errance et problèmes judiciaires. Malgré une tentative de réinsertion réussie au milieu des années 1990, une rechute provoquée par l'apparition sur le marché de boissons frelatées, faussement présentées comme des remèdes à divers maux, a précipité sa chute. Cette période a conduit à la dislocation de sa cellule familiale et à une dégradation physique sévère, nécessitant plusieurs interventions chirurgicales lourdes pour des complications gastriques et hépatiques.
La sécurité sanitaire comme priorité nationale
Pour les autorités rwandaises, le cas d'Augustin Habimana dépasse le cadre du récit individuel pour devenir un symbole des dangers de santé publique. Le ministre de la Santé, Sabin Nsanzimana, a souligné que la lutte contre ces substances est indissociable de la sécurité nationale. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la « sécurité sanitaire » du pays, exhortant les citoyens à ne pas attendre une intervention gouvernementale pour modifier leurs comportements. Cette approche préventive vise à réduire la mortalité et les handicaps chroniques associés à la consommation de produits dont la composition chimique échappe à tout contrôle.
La vigilance aux frontières et la responsabilité citoyenne
Le gouvernement rwandais multiplie les messages de fermeté, notamment dans les zones frontalières. Le ministre de l'Administration locale, Dominique Habimana, a rappelé que la proximité géographique avec les pays voisins ne saurait justifier l'introduction illégale de boissons comme le « Kanyanga ». La stratégie actuelle repose sur une double action : une surveillance accrue des flux de produits illicites et une responsabilisation des communautés. Pour Augustin Habimana, aujourd'hui rétabli, ce témoignage est une manière de mettre en garde la jeunesse contre les mirages des boissons frelatées, rappelant que la reconstruction après une telle descente aux enfers reste une exception rare.