Le Burkina Faso place l'inclusion au cœur de sa stratégie nationale de santé oculaire. À l'occasion de la Journée mondiale de la vue, les autorités sanitaires ont réaffirmé leur volonté de réduire les inégalités d'accès aux soins, en ciblant prioritairement les personnes atteintes d'albinisme, les citoyens en situation de handicap et les élèves.
Des indicateurs en progression malgré les défis
Le ministère de la Santé, à travers le Programme national de santé oculaire (PNSO) créé en 2025, affiche des résultats encourageants. Entre 2024 et 2025, le nombre de consultations pour cataracte a bondi de 19 %, atteignant 66 321 cas. Plus significatif encore, le volume d'interventions chirurgicales a progressé de 65 %, passant de 10 421 à 17 163 opérations sur la même période. Ces chiffres témoignent d'une dynamique de renforcement des capacités techniques du système de santé national.
Renforcement des ressources humaines spécialisées
Pour pallier le déficit de spécialistes, le gouvernement a mis en œuvre des mesures correctives ambitieuses. Dans le cadre de l'initiative présidentielle « Plan 1 000 × 5 », 50 médecins généralistes ont été formés à l'ophtalmologie en 2025, suivis par le recrutement de 20 praticiens supplémentaires en 2026. Parallèlement, l'ouverture d'un diplôme d'études spécialisées en ophtalmologie sur le territoire national constitue un levier stratégique pour assurer une couverture pérenne en personnel qualifié, indispensable pour traiter des pathologies comme le glaucome, dont la prévalence reste une préoccupation majeure.
Vers une prise en charge inclusive et scolaire
L'enjeu de l'accessibilité financière et géographique demeure central. Le ministère de la Santé travaille actuellement sur le Plan stratégique de santé oculaire 2026-2030, qui vise à lever les freins économiques, notamment le coût des lunettes correctrices. Une attention particulière est portée au milieu scolaire : le dépistage précoce des troubles de la réfraction est identifié comme un facteur déterminant de la réussite éducative. En outre, face aux défis sécuritaires actuels, les autorités prévoient d'adapter l'offre de soins pour garantir une continuité de service aux populations les plus exposées, assurant ainsi que la santé visuelle ne soit pas un privilège, mais un droit effectif pour tous les Burkinabè.