Santé numérique au Burkina Faso : le bilan d'une décennie de registres électroniques pour les mères et les enfants

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 26 lectures
Santé numérique au Burkina Faso : le bilan d'une décennie de registres électroniques pour les mères et les enfants

Le Burkina Faso dresse un bilan stratégique de dix années d'utilisation des Registres Électroniques de Consultation (REC) dédiés à la santé maternelle et infantile. Cette évaluation, menée par le centre MURAZ avec l'appui de Swiss TPH et de l'ONG Terre des hommes, vise à pérenniser ces outils numériques au sein du système de santé national.

Une transformation numérique des soins de proximité

Depuis plus d'une décennie, la stratégie IEDA a introduit des outils numériques pour standardiser les protocoles de soins dans les formations sanitaires périphériques. Ces registres électroniques, conçus pour la prise en charge des enfants de moins de 5 ans (PCIME) et le suivi des femmes en âge de procréer, ont permis une automatisation des procédures cliniques. Selon les données de l'étude, le taux d'implémentation atteint 90 % pour le volet infantile et 30 % pour le suivi des maternités, témoignant d'une forte appropriation par le personnel soignant.

Défis techniques et contraintes opérationnelles

Malgré ces résultats prometteurs, l'étude met en lumière des limites techniques persistantes qui freinent l'efficacité du dispositif. Fonctionnant en mode hors-ligne pour pallier les problèmes de connectivité, les outils sont confrontés à l'obsolescence du matériel informatique. Le Dr Satouro Arsène Somé, coordonnateur de l'étude, souligne que la vétusté des tablettes entraîne des bugs récurrents et des interruptions de synchronisation des données pouvant durer jusqu'à deux semaines dans les zones les plus isolées.

Vers une intégration durable dans les politiques publiques

L'enjeu actuel pour les autorités sanitaires et les partenaires techniques est de dépasser le stade de l'expérimentation pour ancrer durablement ces innovations dans le système de santé. Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et humanitaires, Firmin Kaboré, directeur scientifique de l'Institut national de santé publique (INSP), insiste sur la nécessité d'un alignement institutionnel. L'objectif est de transformer les leçons tirées de cette décennie en politiques publiques cohérentes, garantissant une meilleure qualité de soins tout en assurant la résilience du système face aux contraintes du terrain.

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