Le projet « Introduire et étendre la MMS au Burkina Faso » a permis de fournir des suppléments de micronutriments multiples à plus de 106 000 femmes enceintes en deux ans. Cette initiative, portée par l'Alliance ALIMA-Keoogo-SOS Médecins en collaboration avec le ministère de la Santé, souligne les enjeux cruciaux de la nutrition maternelle pour la réduction des risques liés à la grossesse.
Un déploiement ciblé dans six districts sanitaires
Sur une période de vingt-quatre mois, le programme a concentré ses efforts sur 177 formations sanitaires réparties dans cinq districts du Kadiogo et celui de Kombissiri. L'opération a mobilisé 100 000 boîtes de 180 comprimés, atteignant 79,1 % de l'objectif initial de 134 039 femmes. Au-delà de la distribution, le volet formation a été un pilier central de l'action, avec 837 agents de santé formés, soit près de la totalité des effectifs prévus, pour assurer un accompagnement technique rigoureux auprès des patientes.
Une adhésion forte des bénéficiaires
L'évaluation finale du projet révèle une satisfaction élevée chez les femmes enceintes, 92,4 % d'entre elles exprimant un avis favorable. Les bénéficiaires soulignent notamment une meilleure tolérance du produit par rapport aux suppléments classiques de fer et d'acide folique, citant une odeur moins marquée. La gratuité des comprimés lors des consultations prénatales et la qualité des conseils prodigués par les soignants ont été identifiés comme des facteurs déterminants de cette adhésion, 97,9 % des femmes interrogées reconnaissant l'utilité des MMS pour leur santé et celle de leur enfant.
Les défis de la pérennité et du suivi précoce
Malgré ces succès, la question de la continuité des soins reste entière. Les autorités locales, par la voix du secrétariat général de la province du Kadiogo, insistent sur la nécessité de sécuriser la chaîne d'approvisionnement et d'intégrer durablement cette stratégie dans les structures sanitaires nationales. Par ailleurs, l'efficacité du dispositif est freinée par le recours tardif aux consultations prénatales, de nombreuses femmes ne se présentant qu'au deuxième ou troisième trimestre. L'Alliance plaide désormais pour une extension nationale du projet et un renforcement de la sensibilisation communautaire afin d'encourager un suivi médical dès le premier trimestre de grossesse.