Un rapport commandé par le gouvernement français, visant à restructurer le financement du système de santé, suscite une vive opposition de la part de France Asso Santé. Le collectif d'usagers redoute que le transfert massif de dépenses de l'Assurance maladie vers les complémentaires privées ne fragilise l'accès aux soins pour les populations les plus précaires.
Un transfert de charges vers le secteur privé
Le rapport propose une refonte profonde de l'articulation entre la Sécurité sociale et les mutuelles. Il préconise notamment de déléguer aux assurances privées le financement de secteurs clés comme l'optique, l'audiologie et une part significative des transports sanitaires. Cette nouvelle architecture, destinée à redresser les comptes publics, inquiète les associations qui y voient un désengagement de la solidarité nationale au profit d'une logique de marché.
Le risque d'une fracture dans l'accès aux soins
L'enjeu central réside dans l'inégalité de couverture. Le collectif France Asso Santé rappelle qu'une partie de la population, incluant 11 % des chômeurs et 7 % des ménages les plus modestes, ne dispose d'aucune complémentaire santé. En resserrant le périmètre des soins pris en charge par la solidarité obligatoire, le projet risque d'exclure davantage ceux qui dépassent les plafonds de la Complémentaire santé solidaire (C2S) sans pour autant avoir les moyens de financer une mutuelle privée.
Vers une hausse des restes à charge
La situation est aggravée par une conjoncture économique défavorable. Alors que le cabinet Addactis anticipe une hausse des tarifs des mutuelles de plus de 8 % pour 2027, le rapport suggère d'autoriser des contrats avec des franchises en échange de cotisations réduites. Pour les associations, ce mécanisme est un piège : il inciterait les assurés les plus fragiles à souscrire des contrats peu protecteurs, les exposant à des restes à charge élevés en cas de besoin médical. Cette pression financière s'ajoute à l'augmentation récente des franchises médicales et participations forfaitaires, dont le plafond annuel a été porté à 140 euros, une somme non couverte par la majorité des contrats complémentaires.