Santé au Sénégal : après six ans de combat, le Pr Moussa Seydi enterre son projet HeRO face à l'immobilisme bureaucratique

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 30 lectures
Santé au Sénégal : après six ans de combat, le Pr Moussa Seydi enterre son projet HeRO face à l'immobilisme bureaucratique

Le professeur Moussa Seydi, figure de la lutte contre les maladies infectieuses au Sénégal, a annoncé l'abandon du projet de fondation Health and Research Organization (HeRO), après six années de démarches restées vaines. Un renoncement qui pose frontalement la question de la capacité de l'État à tenir ses engagements en matière de financement des infrastructures de santé.

Un service hospitalier de référence menacé de désuétude

Le Service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT) de l'hôpital de Fann, à Dakar, constitue l'un des piliers de la prise en charge des maladies infectieuses au Sénégal. Cet établissement a remplacé un premier service qui, faute de maintenance et d'accompagnement, était progressivement tombé en désuétude. Pour éviter que le nouveau SMIT ne connaisse le même sort, le Pr Moussa Seydi avait formulé une ambition claire : mettre en place un mécanisme autonome de financement capable de garantir la pérennité des infrastructures.

L'État sénégalais mise en cause

Au cœur de l'échec du projet HeRO, une promesse non tenue. Selon le Pr Seydi, l'État sénégalais s'était formellement engagé devant le premier bailleur du projet à assurer intégralement la maintenance du SMIT. Cet engagement n'a jamais été respecté, contraignant le médecin à explorer des solutions alternatives. La création de la fondation HeRO devait précisément pallier cette carence en proposant un dispositif durable de financement. Mais après six années de procédures administratives et de multiples tentatives, le projet n'a pas abouti.

« Je refuse de courir dans le vide »

Dans sa déclaration, le Pr Seydi n'a pas caché sa frustration. « Je n'arrête pas par lassitude du combat, mais par refus de continuer à courir dans le vide », a-t-il écrit. Le spécialiste a toutefois tenu à saluer ceux qui l'ont soutenu : les notaires Maître Moustapha Ndiaye et Maître Tamsir Ndiaye, les membres fondateurs, les chercheurs et les donateurs mobilisés autour du projet. Il a également rendu hommage à Yankhoba Seydi, directeur de la recherche et de l'innovation à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), pour son engagement constant.

Un changement de méthode plutôt qu'un retrait

L'abandon de HeRO ne sonne pas pour autant la fin de l'engagement du Pr Seydi. Le médecin a précisé vouloir poursuivre, avec ceux qui le souhaitent, des actions concrètes en faveur du SMIT, mais en dehors du cadre institutionnel initialement envisagé. S'il cite l'essai d'Axelle Kabou, Et si l'Afrique refusait le développement ?, c'est pour exprimer sa conviction que la nouvelle génération saura, peut-être, trouver les voies d'un progrès que la bureaucratie actuelle bloque. Le combat continue, mais selon d'autres modalités.

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