Un récent rapport conjoint de l'OMS et de l'UNICEF souligne une réalité préoccupante pour le système de santé ghanéen : seulement 16 % des établissements de soins répondent aux normes internationales d'assainissement de base. Ce déficit structurel soulève des enjeux critiques en matière de sécurité des patients, d'hygiène et de dignité dans l'accès aux soins.
Un retard significatif sur les standards internationaux
Pour être conforme aux exigences de l'OMS et de l'UNICEF, un centre de santé doit disposer de toilettes utilisables, séparées par sexe, accessibles aux personnes à mobilité réduite et incluant des dispositifs pour l'hygiène menstruelle. Au Ghana, la situation est alarmante : cinq établissements sur six ne remplissent pas ces critères. Avec un taux de 16 %, le pays se situe nettement en dessous de la moyenne mondiale, établie à 40 %, et accuse également un retard de sept points par rapport à la moyenne de l'Afrique subsaharienne, qui est de 23 %.
Disparités entre eau, hygiène et gestion des déchets
L'analyse des services WASH (Eau, Assainissement et Hygiène) révèle des performances inégales au sein des structures médicales ghanéennes. Si l'accès à l'eau potable est le service le mieux couvert, avec 65 % des établissements répondant aux normes, il reste inférieur au benchmark mondial de 85 %. L'hygiène, quant à elle, atteint 54 %, un score supérieur à la moyenne régionale mais insuffisant face aux 72 % mondiaux. Le point le plus critique concerne la gestion des déchets médicaux : seuls 27 % des centres traitent correctement les déchets infectieux et les objets tranchants, une lacune qui expose le personnel et les patients à des risques sanitaires accrus.
L'impératif de la sécurité et de la dignité
Au-delà des statistiques, ces chiffres posent la question fondamentale de la qualité des soins prodigués. L'absence d'infrastructures adéquates entrave directement la prévention des infections et compromet l'accessibilité pour les populations les plus vulnérables, notamment les femmes et les personnes en situation de handicap. Si le rapport note que certaines données sur la gestion des déchets pourraient refléter une amélioration de la précision des collectes plutôt qu'une dégradation réelle, l'urgence demeure. Pour le Ghana, combler ces lacunes ne constitue pas seulement un objectif statistique, mais une nécessité pour garantir un environnement de soin sûr, digne et conforme aux standards de santé publique.