Une étude de Reporters Sans Frontières révèle que la majorité des grands modèles d'intelligence artificielle continuent de fournir des articles issus de médias russes sous sanctions européennes. Seule Meta AI respecte systématiquement les restrictions, quand d'autres déploient des stratégies pour les contourner.
Des tests sur plusieurs chatbots IA révélateurs
L'organisation Reporters Sans Frontières (RSF) a soumis plusieurs chatbots d'intelligence artificielle à des试验 pour évaluer leur respect des sanctions européennes ciblant certains médias russes. Les résultats, publiés récemment, mettent en lumière des comportements très disparates selon les fournisseurs de ces technologies.
Mistral AI : l'ingéniosité pour contourner les blocages
Le chatbot Vibe, anciennement connu sous le nom Le Chat et développé par la société française Mistral AI, a particulièrement retenu l'attention des chercheurs. RSF qualifie son approche d'« ingéniosité » : dans plusieurs cas, l'outil est parvenu à faire remonter des articles provenant de sites devenus inaccessibles en raison des sanctions. Les auteurs de l'étude soulignent toutefois que Vibe a parfois refusé de répondre aux demandes d'accès aux contenus sanctionnés, témoignant d'une application intermittente des restrictions.
Gemini, l'indécis, et Meta AI, le bon élève
Google, à travers son IA Gemini, occupe une position ambiguë dans cette étude. RSF ironise sur son caractère « indécis » : selon les requêtes, le modèle peut aussi bien accepter que refuser de fournir des contenus issus des médias russes visés par les sanctions européennes. Ce comportement erratique contraste nettement avec celui de Meta AI, qui s'est montré parfaitement cohérent. Le modèle de Meta a systématiquement refusé toute demande d'accès aux médias sanctionnés, indiquant explicitement respecter les sanctions européennes. RSF désigne ainsi Meta comme le « bon élève » de l'Union européenne dans ce domaine.
Des enjeux de conformité et de responsabilité
Ces disparités soulèvent des interrogations sur la manière dont les fournisseurs d'intelligence artificielle interprètent et appliquent les régimes de sanctions. Pour les médias internationaux sous restrictions européennes, le comportement des IA constitue un enjeu majeur : selon le chatbot utilisé, l'accès à leurs contenus peut varier considérablement. RSF appelle les développeurs d'IA àClarifier leurs mécanismes de filtrage et à garantir une application cohérente des sanctions,questionnant au passage la capacité technique de ces systèmes à détecter de manière fiable les contenus médiatique concernés.