Le Conseil des infirmières et sages-femmes du Ghana reste paralysé dans son processus disciplinaire contre deux professionnelles accusées d’avoir refusé des soins à Charles Amissah, victime d’un accident de la route. Sans le rapport officiel du comité d’enquête, aucune sanction ne peut être engagée, malgré les recommandations formulées.
Un blocage administratif et procédural
Le comité présidé par le professeur Agyeman Badu Akosa a recommandé des mesures disciplinaires à l’encontre d’Akosua Turkson et Joy Daisy Nelson, deux infirmières accusées d’avoir omis de prodiguer des soins à Charles Amissah après un accident. Pourtant, le Conseil des infirmières et sages-femmes (NMC) n’a pu initier aucune procédure, faute de disposer du rapport officiel du comité. Selon la registraire Philomina Woolley, le NMC n’a reçu qu’une directive du ministère de la Santé, sans les conclusions détaillées nécessaires pour étayer les sanctions.
Les procédures disciplinaires du Conseil exigent en effet la présentation des éléments factuels contenus dans le rapport pour justifier toute mesure. Le NMC a donc sollicité le ministère afin d’obtenir ces documents, mais aucune réponse n’a encore été transmise. Cette situation retarde l’application des recommandations et maintient les deux infirmières dans l’incertitude juridique.
Une attente politique et des espoirs de déblocage
Le président de la commission parlementaire de la Santé, le Dr Mark Kurt Nawaane, a indiqué que le rapport est actuellement en cours d’évaluation au ministère de la Santé. Il a exprimé l’espoir que le document soit transmis rapidement au NMC, évoquant des précédents similaires où d’autres conseils professionnels avaient reçu les rapports dans des délais comparables. La pression s’accroît pour que le processus disciplinaire puisse enfin débuter, alors que l’affaire suscite une vive émotion dans l’opinion publique.
Cette situation met en lumière les défis liés à la coordination entre les institutions sanitaires et les organes de régulation, ainsi que les conséquences d’un retard administratif sur la crédibilité des mécanismes de sanction dans le secteur médical.