Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a lancé un appel pressant aux dirigeants du continent lors de la réunion extraordinaire du Conseil exécutif de l'Union africaine en Angola. Il exhorte les chefs d'État à opérer une introspection rigoureuse sur les causes structurelles de l'instabilité pour passer d'une gestion réactive des crises à une véritable stratégie de prévention.
Les racines structurelles de l'instabilité
Pour le ministre, la persistance des tensions sur le continent ne peut être dissociée de facteurs socio-économiques et politiques profonds. Il a identifié plusieurs leviers critiques alimentant les cycles de violence : l'injustice, la corruption, l'exploitation des ressources et l'intolérance. Ablakwa a également mis en garde contre le risque que certains États deviennent des pions dans des jeux d'influence étrangers, exacerbant ainsi l'extrémisme et la normalisation des conflits armés.
L'urgence de l'emploi face à l'exode
L'enjeu démographique est au cœur de cette analyse. Le ministre a souligné le désespoir croissant d'une jeunesse africaine en quête d'avenir, illustré par les tentatives massives de franchissement des frontières vers l'Europe, comme les récents événements à Ceuta. Selon lui, cette fuite des forces vives est le symptôme direct d'un manque d'opportunités locales. Il soutient que la paix durable est illusoire tant que les conditions économiques ne permettent pas aux jeunes d'accéder à un travail décent sur le continent.
Réorienter les ressources nationales
Face à ce constat, Samuel Okudzeto Ablakwa préconise un changement radical de paradigme dans la gestion des budgets nationaux. Il appelle les gouvernements à opérer un transfert massif de ressources : il s'agit de cesser de financer les dépenses militaires liées aux conflits pour réinvestir ces fonds dans la création d'emplois et le développement économique. Cette mutation est présentée comme une condition sine qua non pour transformer l'Afrique et répondre aux aspirations des nouvelles générations, faisant de l'inclusion économique le pilier central de l'agenda de paix et de sécurité de l'Union africaine.