Samuel Eto’o plaide pour une autonomie financière accrue du football africain face aux instances mondiales

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 42 lectures
Samuel Eto’o plaide pour une autonomie financière accrue du football africain face aux instances mondiales

Le président de la Fédération camerounaise de football, Samuel Eto’o, a réaffirmé son soutien à la gouvernance de Gianni Infantino à la tête de la FIFA. Au-delà de cette alliance politique, l’ancien international camerounais place le débat sur le terrain du développement structurel et financier du football sur le continent africain.

Le déséquilibre financier comme frein au développement

Samuel Eto’o pointe du doigt une disparité criante entre les fédérations européennes et africaines. Alors que certaines instances nationales en Afrique peinent à fonctionner avec des budgets annuels limités à 150 000 euros, dépendant largement des subventions publiques, le dirigeant estime que le modèle actuel ne permet pas une croissance durable. Pour Eto’o, l’enjeu est de permettre aux fédérations africaines de diversifier leurs sources de revenus pour financer leurs propres infrastructures et championnats, plutôt que de subir une dépendance structurelle.

Le potentiel africain face à l'exode des talents

Pour illustrer l'impact direct du manque de moyens sur la formation, Samuel Eto’o cite les exemples de Kylian Mbappé et Aurélien Tchouaméni. Selon lui, l'absence de budgets conséquents — qu'il évalue à une fourchette de 20 à 40 millions de dollars par an — empêche le continent de retenir et de faire éclore ses talents localement. Cette analyse souligne une problématique majeure : le vivier de joueurs africains, ou d'origine africaine, est contraint de s'exiler précocement vers l'Europe pour bénéficier de structures professionnelles adéquates, privant ainsi les ligues locales de leur valeur sportive et économique.

Tensions autour de la gouvernance de la FIFA

Cette prise de position intervient dans un climat de forte instabilité au sein de l'instance mondiale. L'abandon récent du projet « FIFA Forward Enterprise », qui visait à ouvrir les activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés, a cristallisé l'opposition de l'UEFA et d'autres confédérations. Samuel Eto’o rejette toutefois une lecture purement européenne de ces enjeux. Il insiste sur le fait que les besoins spécifiques de l'Afrique, qui a bénéficié de plus d'un milliard de dollars via le programme FIFA Forward depuis 2016, doivent peser autant que les intérêts des grandes puissances footballistiques dans les décisions stratégiques de l'organisation.

Un enjeu de souveraineté sportive

À l'approche du Congrès de la FIFA prévu en mars 2027, où Gianni Infantino briguera un nouveau mandat, le soutien d'Eto’o dépasse le cadre personnel. Il s'agit pour le dirigeant camerounais d'affirmer que l'Afrique doit être un acteur décisionnaire et non un simple spectateur des réformes économiques de la FIFA. La capacité à générer des ressources propres reste, à ses yeux, la condition sine qua non pour que le football africain puisse s'affranchir des modèles de dépendance actuels.

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