Le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto’o, se retrouve au cœur d’une polémique financière concernant des fonds en provenance de Russie. Cette affaire, qui fragilise sa position, intervient dans un contexte de tensions accrues alors que l’ancien joueur affiche un soutien indéfectible à la réélection de Gianni Infantino à la présidence de la Fifa.
Des soupçons de détournement de fonds
Au centre des critiques figure un virement de plus de 500 000 euros effectué par la Russie à la suite d'un match amical organisé en 2023. Des anciens dirigeants de la Fecafoot affirment que ces fonds n'ont jamais été enregistrés sur les comptes officiels de l'institution, faute de documents comptables attestant d'un reversement. Ces accusations ont conduit à une saisine de la commission d’éthique de la Fifa, bien que les plaignants dénoncent un silence prolongé de l'instance internationale, qu'ils interprètent comme une protection politique accordée à l'actuel patron du football camerounais.
Un positionnement politique assumé
Samuel Eto’o rejette fermement ces allégations, y voyant une campagne de déstabilisation orchestrée en raison de ses prises de position publiques. L'ancien attaquant assume pleinement son alliance avec Gianni Infantino, qu'il qualifie de « grand frère » et d'allié stratégique pour le développement du football africain. Il a d'ailleurs exprimé son intention de convaincre ses homologues du continent de voter en faveur du président sortant de la Fifa lors du prochain scrutin, marquant ainsi une volonté de peser sur les équilibres électoraux mondiaux.
Tensions et dépendances au sein des instances
La situation met en lumière les fractures au sein des instances dirigeantes du football. Alors que des voix, comme celle de l'ancien dirigeant congolais Constant Omari, suggèrent que la Fifa pourrait exercer une influence indue sur certains présidents de fédérations via des dossiers compromettants, Samuel Eto’o balaie ces théories. Il appelle à la transparence et à la saisine des instances compétentes si de tels dossiers existent, tout en rappelant son propre parcours marqué par des confrontations judiciaires et disciplinaires passées. Ce nouveau front judiciaire s'ajoute aux difficultés internes que traverse déjà la Fecafoot, marquée par des relations complexes avec les autorités sportives nationales.