En 2015, Sammy Crabbe, alors vice-président du Nouveau Parti patriotique (NPP) du Ghana, a été suspendu pour avoir défendu la Constitution du parti plutôt que pour s’opposer à Nana Akufo-Addo, alors candidat à la présidence. Il revient aujourd’hui sur cet épisode, soulignant que son action visait à protéger les procédures internes et la sécurité de mandat des dirigeants élus.
Une suspension motivée par la défense des règles internes
Sammy Crabbe affirme que sa suspension en 2015 n’était pas liée à une opposition à Nana Akufo-Addo, mais à sa volonté de faire respecter la Constitution du NPP. À l’époque, il avait contesté la suspension du président du parti, Paul Afoko, et du secrétaire général, Kwabena Agyepong, estimant que les procédures disciplinaires n’avaient pas été respectées. « Je ne suis pas allé soutenir mon président. Je suis allé protéger la Constitution », a-t-il déclaré lors d’une interview en août 2026.
Le processus disciplinaire contre les dirigeants élus : une ligne rouge
Crabbe a souligné que la Constitution du NPP interdit explicitement l’utilisation du processus disciplinaire pour démettre des dirigeants élus. Selon lui, ni le Comité exécutif national (NEC) ni le conseil du parti ne peuvent contourner cette règle. « Vous ne pouvez pas utiliser le processus disciplinaire pour retirer un dirigeant. C’est très clair dans notre Constitution », a-t-il insisté. Son intervention, bien que perçue comme une opposition à la direction du parti, était avant tout une question de principe.
Un précédent dangereux pour la démocratie interne
Le controversé des suspensions de 2015 a, selon Crabbe, instauré un précédent inquiétant : celui de sanctions disciplinaires contre les membres en désaccord avec la direction. Pour lui, garantir la sécurité de mandat des dirigeants élus est essentiel pour éviter l’arbitraire et renforcer la démocratie interne au sein du NPP. « Je suis heureux d’avoir agi ainsi, car c’est exactement ce qu’ils ont fait ensuite », a-t-il déclaré, suggérant que ses craintes se sont concrétisées par la suite.