Salem Kalmoni, dirigeant du groupe Japan Motors Network, recommande aux jeunes Ghanéens de se tourner d’abord vers des formations techniques, notamment l’ingénierie, avant d’ajouter une spécialisation en management. Selon lui, la multiplication des diplômes en commerce a dilué leur valeur sur le marché de l’emploi.
Un constat d’excès de diplômés en commerce
Lors d’une interview sur Joy FM, Kalmoni a souligné que le nombre croissant de titulaires d’un MBA ou d’un Bachelor en administration des affaires rend ces profils moins distinctifs pour les recruteurs. « J’ai même un MBA qui travaille comme caissier », a-t-il déclaré, illustrant la perte de valeur perçue de ces qualifications lorsqu’elles ne sont pas accompagnées de compétences opérationnelles.
L’ingénierie comme levier de compétitivité
Pour le dirigeant, les études d’ingénierie – et plus précisément le génie industriel – offrent une base solide en gestion de la production, logistique et projets. Ces compétences sont directement applicables dans les secteurs manufacturiers et de la chaîne d’approvisionnement, où la demande de main‑d’œuvre capable de résoudre des problèmes concrets reste forte. Kalmoni estime que les diplômés en ingénierie peuvent ensuite enrichir leur profil avec un MBA, alors que l’inverse, passer du commerce à l’ingénierie, est beaucoup plus difficile.
Parcours d’un leader issu d’une formation business
Kalmoni raconte son propre chemin : après un Bachelor of Business Administration obtenu au Canada en 1988, il a intégré Japan Motors en 1991, avant de suivre un Executive Master en Governance and Leadership au Ghana Institute of Management and Public Administration et un programme avancé à Harvard Business School en 2012. Aujourd’hui à la tête d’un réseau présent dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, il reconnaît que son manque de formation technique a limité certaines décisions opérationnelles, d’où son regret de ne pas avoir étudié le génie industriel dès le départ.
Recommandations concrètes pour les étudiants
Kalmoni encourage les jeunes à choisir d’abord des filières techniques – génie mécanique, électrique, industriel ou informatique – avant d’envisager une spécialisation en management. Il précise que le secteur des affaires reste accessible, mais que les compétences techniques constituent un atout différenciateur sur un marché du travail de plus en plus concurrentiel. Selon lui, « la technique d’abord, le business ensuite » constitue la meilleure stratégie pour accéder à des postes de direction dans les industries en pleine expansion au Ghana et dans la sous‑région.