Une opération musclée contre l’exploitation illégale du bois a permis la saisie de sept machines de sciage et de quinze billots de kapokier dans le département de Vélingara (Kolda). Menée les 14 et 15 août par les services des Eaux et Forêts de Vélingara et de Bonconto, cette intervention a également révélé sept ateliers clandestins, trois dynamos et quatre volants, ainsi que 450 articles en bois (planches, poutrelles). Une partie du matériel a été acheminée à Vélingara, le reste stocké à Manda Douane.
Un démantèlement ciblé dans la commune de Médina Gounass
L’opération s’est concentrée sur la commune de Médina Gounass, où les agents ont découvert des ateliers de sciage illégaux. Ces infrastructures, souvent mobiles et difficiles à localiser, illustrent l’ampleur du trafic de bois dans la région du Fouladou. Les saisies incluent non seulement des billots de kapokier – une essence protégée – mais aussi des équipements de transformation, révélant un réseau organisé de coupe et de commercialisation clandestine.
Des moyens limités face à un trafic persistant
Malgré des moyens logistiques et humains contraints, les agents des Eaux et Forêts, dirigés par le capitaine Goth Dieng, maintiennent une pression constante sur les réseaux de pillage. Leur mission s’inscrit dans une stratégie plus large de préservation des ressources forestières et fauniques du Fouladou, une zone déjà fragilisée par la déforestation. Le capitaine Dieng souligne la nécessité de renforcer les capacités opérationnelles pour endiguer ce fléau, qui menace à la fois l’écosystème et les moyens de subsistance des communautés locales.
Un enjeu environnemental et économique
Le kapokier, essence à croissance lente, est particulièrement ciblé par les coupeurs illégaux en raison de sa valeur commerciale. Sa surexploitation accélère la dégradation des sols et réduit la biodiversité, tandis que les revenus tirés de ce trafic échappent aux circuits légaux. Cette saisie rappelle l’urgence d’une gouvernance forestière renforcée, combinant répression et sensibilisation des populations pour limiter l’impact de ces pratiques sur les forêts sénégalaises.