Saisie de 65 millions d'euros : McKinsey rattrapé par la justice française et belge

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 43 lectures
Saisie de 65 millions d'euros : McKinsey rattrapé par la justice française et belge

Le parquet national financier a obtenu la saisie de 65 millions d'euros d'avoirs du cabinet de conseil McKinsey via la justice belge, une mesure qui couvre 96 % du préjudice fiscal que la justice prête au géant américain du conseil en France. Cette procédure, lancée le 19 août, marque une accélération sensible d'une enquête ouverte il y a quatre ans.

Une saisie quasi intégrale du préjudice estimé

Annoncée vendredi, la mesure a été exécutée grâce à la coopération du parquet de Bruxelles. Selon le communiqué conjoint du procureur national financier Pascal Prache et du procureur du Roi de Bruxelles Julien Moinil, la somme correspond à « 96 % du préjudice fiscal selon l'évaluation du parquet national financier ». McKinsey, sollicité par l'Agence France-Presse, rappelle qu'il s'agit d'une « mesure procédurale » liée à une enquête préliminaire et non d'une décision de justice sur le fond. Le cabinet réaffirme son intention de coopérer et de contester toute faute.

Quatre ans d'enquête sur un montage fiscal présumé

L'enquête préliminaire contre McKinsey a été ouverte en mars 2022, dans le prolongement d'une commission d'enquête sénatoriale sur l'influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron en 2017. Le dossier, confié à l'Office national antifraude, portait sur un montage fiscal des entités françaises du cabinet qui aurait permis à celles-ci de ne verser aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020. L'instruction s'est poursuivie par des auditions de témoins et de suspects en 2025 et 2026, conduisant le PNF à solliciter l'entraide internationale belge.

Des ramifications jusqu'aux campagnes présidentielles

La saisie reste formellement liée à l'enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale aggravée, distincte d'autres informations judiciaires ouvertes ultérieurement. Ces procédures parallèles visent notamment la « tenue non conforme de comptes de campagne » et le favoritisme, à la suite d'investigations sur le rôle de cabinets de conseil dans les campagnes de 2017 et 2022 d'Emmanuel Macron, élargies aux scrutins de 2015 et 2016. Des perquisitions ont été menées au domicile de dirigeants et anciens dirigeants de McKinsey, au ministère de la Santé, au siège parisien du cabinet ainsi qu'au parti Renaissance et à son association de financement.

Un signal sur la coopération judiciaire européenne

Le dossier illustre aussi la capacité d'action des parquets européens dans la traque des montages fiscaux internationaux : sans l'intervention du parquet belge, la saisie d'avoirs détenus hors de France aurait été nettement plus complexe. Pour la suite du dossier, il faudra suivre l'évolution de l'enquête préliminaire ainsi que d'éventuelles mises en examen, la saisie conservatoire ne préjugeant pas de la décision finale sur le fond.

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