L'administration américaine, sous l'impulsion de l'envoyé spécial Massad Boulos, adopte une posture de prudence concernant le conflit du Sahara occidental. Tout en reconnaissant le plan d'autonomie marocain, Washington insiste sur la nécessité d'une solution mutuellement acceptée et souligne le rôle constructif joué par l'Algérie dans les récents cycles de négociations.
L'impasse des négociations multilatérales
Malgré la tenue de trois rounds de discussions impliquant le Maroc, l'Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario, aucune avancée décisive n'a été enregistrée. Massad Boulos a précisé que le processus est actuellement suspendu à l'attente d'une réponse formelle du Front Polisario concernant la proposition d'autonomie portée par Rabat. Cette déclaration confirme que, malgré les attentes de certaines parties, les États-Unis privilégient une approche diplomatique patiente plutôt qu'une validation unilatérale des positions en présence.
Le rôle diplomatique de l'Algérie
Dans une prise de position qui marque une nuance notable dans la gestion du dossier, Washington a publiquement salué l'implication du gouvernement algérien. En qualifiant l'Algérie d'allié dans le cadre de ces discussions, l'envoyé spécial américain prend ses distances avec les accusations récurrentes de déstabilisation portées par Rabat contre Alger. Cette reconnaissance de la contribution algérienne souligne la volonté américaine de maintenir un équilibre relationnel avec les deux puissances maghrébines, malgré leurs divergences profondes sur le Sahara occidental.
Un climat de tensions régionales persistantes
La question du Sahara occidental s'inscrit dans un contexte de rivalité structurelle entre le Maroc et l'Algérie, marquée par la rupture des relations diplomatiques en 2021 et la fermeture prolongée des frontières terrestres depuis 1994. Cette compétition pour l'influence régionale se cristallise également autour de projets énergétiques stratégiques, notamment les gazoducs reliant le Nigeria à l'Europe, ainsi que par des alignements diplomatiques et militaires divergents, incluant le rapprochement du Maroc avec Israël. La gestion de ce dossier par les États-Unis reste donc un point de vigilance majeur, tant pour la stabilité du Maghreb que pour les équilibres géopolitiques au Sahel et en Afrique de l'Ouest.