Deux attaques en moins de 24 heures contre des infrastructures critiques allemandes soulèvent des questions sur la vulnérabilité du réseau électrique européen et la multiplication des actes de sabotage.
Un sabotage avéré près de Cologne
Un poste électrique situé à Bergheim, dans la banlieue de Cologne, a été la cible d’un acte de sabotage présumé mardi soir. Selon le gestionnaire de réseau Amprion, plusieurs lignes à haute tension ont subi des courts-circuits, sans pour autant provoquer de coupures de courant majeures. La police d’Essen, qui a ouvert une enquête, évoque désormais une "infraction pénale délibérée" plutôt qu’une défaillance technique.
Brandebourg : une tentative d’attentat déjouée sur une centrale au charbon
Quelques heures plus tôt, une tentative d’attentat avait visé la centrale au charbon de Jänschwalde, dans le Brandebourg. Des inconnus auraient utilisé des pièces pyrotechniques pour tenter de provoquer des courts-circuits sur des lignes à très haute tension. Le ministre-président du Land, Dietmar Woidke, a qualifié la fréquence de ces incidents de "très préoccupante", insistant sur la nécessité de renforcer la protection des infrastructures énergétiques.
Berlin : le précédent de janvier 2026 et ses conséquences politiques
Ces attaques surviennent dans un contexte où l’Allemagne reste marquée par la crise énergétique de début 2026. En janvier, une panne prolongée avait privé d’électricité quelque 45 000 foyers à Berlin pendant plusieurs jours. L’affaire avait pris une tournure politique lorsque le maire-gouverneur Kai Wegner (CDU) avait dû se retirer de la tête de liste pour les élections régionales après avoir été critiqué pour sa gestion de la crise. Initialement accusé d’avoir été absent pendant la coupure, il avait finalement reconnu des erreurs de communication.
Une menace en hausse pour la stabilité énergétique européenne ?
Ces incidents, bien que localisés, révèlent une tendance inquiétante : la multiplication des actes visant les infrastructures critiques en Europe. Si les coupures de courant restent limitées pour l’instant, la répétition de ces attaques interroge sur la capacité des États à protéger leurs réseaux. Les autorités allemandes, déjà sous pression après les défaillances de 2026, pourraient être contraintes d’adopter des mesures renforcées de surveillance et de protection des sites sensibles.