La capitale saoudienne, Ryad, a été la cible d'explosions dans la nuit du 18 au 19 septembre, marquant une étape inédite dans la reprise du conflit avec les rebelles Houthis. Cet événement, qui a provoqué des perturbations majeures à l'aéroport international et des incendies sur des installations pétrolières, illustre l'extension géographique d'une guerre qui pèse désormais lourdement sur la stabilité énergétique mondiale.
Une montée en puissance des attaques sur Ryad
Après plusieurs mois de hostilités concentrées dans le sud du royaume ou sur les zones côtières, les Houthis ont franchi un seuil symbolique et stratégique en atteignant la capitale. L'alerte de « menace aérienne hostile » déclenchée vers 3h du matin a été suivie de deux détonations, provoquant l'inquiétude des populations civiles. Si les autorités saoudiennes n'ont pas encore communiqué de bilan officiel, des témoins ont rapporté la présence de flammes et de fumée noire aux abords de l'aéroport international de Ryad, où un réservoir de carburant appartenant à la compagnie Aramco aurait été touché.
Le verrouillage stratégique de Bab el-Mandeb
Au-delà de la sécurité intérieure saoudienne, cette offensive s'inscrit dans une stratégie de contrôle des flux maritimes. En consolidant leur emprise sur le littoral yéménite, les Houthis renforcent leur pression sur le détroit de Bab el-Mandeb, point de passage crucial reliant l'Europe à l'Asie via le canal de Suez. Les données de la société Kpler confirment une chute drastique du trafic maritime saoudien dans cette zone, avec moins d'un tiers des navires habituels ayant pu transiter ces sept derniers jours. Cette situation, couplée aux tensions persistantes dans le détroit d'Ormuz, maintient le cours du baril de pétrole au-dessus de la barre des 100 dollars.
Un conflit régional aux conséquences humanitaires lourdes
La reprise des affrontements en juillet dernier, après l'effondrement d'une trêve fragile établie en 2022, a plongé le Yémen dans une nouvelle crise humanitaire. Selon les estimations de l'ONU, les combats intensifiés depuis début septembre ont déjà provoqué le déplacement de plus de 112 000 personnes à l'intérieur du pays, tandis que près de 3 000 réfugiés ont rejoint Djibouti. Face à cette avancée des combattants pro-iraniens, l'Arabie saoudite multiplie les bombardements sur les zones contrôlées par les Houthis, sans toutefois parvenir à enrayer leur progression ni à sécuriser ses infrastructures critiques.