Les résultats des examens nationaux 2025-2026 au Rwanda confirment une année historique : malgré une augmentation record de 50 000 candidats, les taux de réussite ont progressé dans toutes les filières, avec des avancées spectaculaires en mathématiques. Porté par une mobilisation collective, le système éducatif rwandais affiche désormais un taux global de réussite de 87,3 %, mais doit désormais relever le défi de l’accès aux études secondaires.
Des performances en forte hausse, malgré un effectif record
Avec 371 660 candidats ayant réussi les examens nationaux (PLE et Ordinary Level), le Rwanda enregistre une progression de 87,3 % du taux de réussite global. Cette performance survient dans un contexte de croissance démographique marquée par l’afflux d’élèves dont la scolarité avait été perturbée par la pandémie de Covid-19. Contre toute attente, l’augmentation du nombre de candidats n’a pas entraîné de baisse des résultats, bien au contraire : les matières autrefois problématiques, comme les mathématiques, ont connu des améliorations sans précédent.
Les mathématiques et les sciences en tête des progrès
Le virage le plus spectaculaire concerne les mathématiques, dont le taux de réussite au niveau primaire est passé de 27,5 % à 50 %, tandis qu’au niveau Ordinary Level, il a presque doublé, passant de 43,9 % à 87,5 %. Les sciences et les technologies élémentaires ont également progressé (81,1 %), tout comme les matières sociales et l’éducation religieuse (95 %). En revanche, l’anglais a enregistré un recul à 66,4 %, tandis que le kinyarwanda reste l’une des disciplines les plus performantes. À l’inverse, l’entrepreneuriat a vu ses résultats décliner.
Kirehe et Kicukiro, fers de lance d’un système en mutation
Si Kirehe confirme sa domination avec des taux de réussite dépassant 99 % aux deux niveaux d’examen, les autorités éducatives insistent désormais sur une approche plus large : l’évaluation des progrès sur plusieurs années scolaires. Selon cette nouvelle méthode, Kicukiro se distingue en primaire, tandis que Kayonza mène au niveau Ordinary Level. Cette évolution reflète une volonté de dépasser les simples résultats ponctuels pour mesurer la qualité durable de l’enseignement.
Cependant, ces avancées s’accompagnent de défis persistants. Des cas de fraude aux examens ont été signalés, entraînant des sanctions disciplinaires et des résultats suspendus en attendant les enquêtes. Par ailleurs, l’afflux de nouveaux bacheliers exerce une pression croissante sur les capacités d’accueil des écoles secondaires et les places en internat.
Les lauréats, symboles d’une jeunesse ambitieuse
Parmi les lauréats, Rwego Mutijima Bruno Ricky (99,6 %) s’impose comme le major national au PLE, tandis que Leontine Uwamariya et Musonga Isimba (98,7 %) dominent l’Ordinary Level. Ces performances, saluées par la ministre de l’Éducation Claudette Irere, soulignent l’importance d’un écosystème éducatif où élèves, enseignants et familles jouent un rôle clé. Pour Isimba, ces résultats ouvrent la voie à une carrière de chercheuse en pharmacie, tandis que sa famille y voit une source de fierté et d’espoir pour l’avenir.