Le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, a salué le projet du Rwanda visant à accueillir un Grand Prix de Formule 1 dès 2030, tout en rappelant que l'Afrique du Sud ne renonce pas à son propre retour sur le calendrier. Cette reconnaissance met en lumière une possible double présence africaine dans le sport automobile mondial.
Le projet rwandais : un circuit permanent près de l’aéroport de Bugesera
Le Rwanda mise sur la construction d’un circuit permanent situé à proximité de l’aéroport international de Bugesera, à environ 40 kilomètres à l’est de Kigali. Conçu par l’ancien pilote de Formule 1 Alexander Wurz, le tracé devrait répondre aux exigences de la FIA pour obtenir le grade 1 nécessaire à l’organisation d’une course de championnat. Le pays a déjà renforcé ses liens avec le monde du sport automobile, notamment en accueillant en 2024 l’Assemblée générale et la cérémonie de remise des prix de la FIA, événement qui a réuni des dirigeants internationaux du secteur. Le président Paul Kagame a, à plusieurs reprises, exprimé son désir de voir la Formule 1 s’implanter durablement au Rwanda, soulignant l’impact potentiel sur le tourisme et l’image du pays.
Réaction de l'Afrique du Sud : reconnaissance du travail rwandais et maintien de ses propres ambitions
Gayton McKenzie a déclaré que le Rwanda avait travaillé plus longtemps que l’Afrique du Sud sur son dossier et méritait donc d’être reconnu pour les avancées réalisées. Il a toutefois précisé que l’Afrique du Sud n’abandonnait pas son ambition de retrouver une place sur le calendrier, évoquant la possibilité d’obtenir un Grand Prix avant 2030. Le circuit historique de Kyalami, qui a accueilli le dernier Grand Prix sud-africain en 1993, devrait être rénové pour regagner le statut FIA Grade 1. Ainsi, les deux pays pourraient coexister sur le circuit mondial sans que l’un ne constitue une menace pour l’autre.
Vers une double présence africaine sur le calendrier F1 ?
Le ministre sud-africain a rappelé que le continent compte 55 États, offrant largement la capacité d’accueillir plus d’une course si les conditions d’infrastructure, d’investissement et de viabilité commerciale sont réunies. Cette perspective s’inscrit dans la stratégie de la Formule 1, qui cherche à élargir son empreinte mondiale après une absence de courses en Afrique depuis 1993. La coexistence de deux Grands Prix africains pourrait renforcer la visibilité du sport sur le continent, attirer des sponsors locaux et internationaux, et créer un nouveau pôle de développement technologique lié à la mobilité et à la performance automobile.
Enjeux économiques et symboliques pour le continent
Un Grand Prix au Rwanda, combiné à un éventuel retour à Kyalami, représenterait plus qu’un simple événement sportif. Il pourrait générer des retombées économiques significatives grâce au tourisme, à la création d’emplois et à l’attraction d’investissements dans les infrastructures routières et hôtelières. Symboliquement, la présence de la Formule 1 en Afrique renforcerait la perception du continent comme acteur capable d’accueillir des compétitions de haut niveau, contribuant ainsi à un sentiment de fierté collective et à la promotion de l’innovation technologique locale.