Le président rwandais Paul Kagame a reçu ce vendredi Tinyiko George Hlungwane, désigné haut‑commissaire d'Afrique du Sud à Kigali, marquant une étape concrète dans le processus de réconciliation entre les deux pays après plusieurs années de tensions.
Nomination du nouveau haut‑commissaire sud‑africain
Hlungwane, l’un des cinq diplomates récemment accrédités, a présenté ses lettres de créance au palais présidentiel d’Urugwiro. Cette cérémonie officielle rétablit la présence d’un représentant sud‑africain à Kigali, poste vacant depuis la fin de la mission de Mandisi Bongani Mpahlwa en 2024. La présence du haut‑commissaire ouvre la voie à la reprise des échanges diplomatiques quotidiens et à la mise en œuvre d’accords bilatéraux en cours.
Accords bilatéraux pour relancer la coopération
Le mois de juin a vu le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, se rendre à Pretoria pour des pourparlers avec son homologue sud‑africain, Ronald Lamola. Les deux ministres ont convenu de réactiver la Commission conjointe de coopération, dont la prochaine session se tiendra à Kigali au premier trimestre 2027. Un autre point clé de ces discussions porte sur la réouverture du régime de visas pour les détenteurs de passeports rwandais ordinaires, qui devrait être effective d’ici douze mois, facilitant ainsi les déplacements d’affaires, le tourisme et les échanges universitaires.
Contexte des tensions et perspectives de normalisation
Les relations entre Kigali et Pretoria ont été marquées par une série d’incidents depuis 2014, allant d’expulsions diplomatiques à des accusations d’ingérence dans les affaires internes de l’autre État, notamment autour du conflit en RD Congo où Kigali a été soupçonnée de soutenir les rebelles M23. Malgré ces différends, les deux gouvernements ont choisi de renouer le dialogue, reconnaissant que la coopération économique et sécuritaire est mutuellement bénéfique. La réussite de la normalisation dépendra désormais de la mise en pratique des engagements pris, notamment la reprise des visas et le bon fonctionnement de la commission conjointe, qui devra traduire les ambitions politiques en projets concrets dans les secteurs du commerce, de l’investissement et de l’éducation.