Près de 50 % des recettes de la commune de Ruyigi, dans l’est du Burundi, dépendent de l’agriculture et de l’élevage, selon les projections pour l’exercice 2025-2026. Cette dépendance structurelle soulève des questions sur la résilience économique locale et les politiques publiques à renforcer pour diversifier les sources de financement.
Un modèle économique ancré dans le secteur primaire
Pour l’année budgétaire 2025-2026, la commune de Ruyigi table sur un budget global de 968 277 968 francs burundais (BIF), dont 482 352 920 BIF proviendraient directement de l’agriculture et de l’élevage. Cette répartition révèle une économie communale fortement tournée vers les activités primaires, reflétant à la fois les potentialités du territoire et ses vulnérabilités. Les terres fertiles de la province de Buhumuza, où se situe Ruyigi, offrent un cadre propice à ces secteurs, mais leur contribution dominante expose la commune aux aléas climatiques et aux fluctuations des prix des denrées.
Lors d’une Tribune d’expression populaire (TEP) organisée en mai dernier au chef-lieu communal, le secrétaire exécutif de Ruyigi a mis en avant cette réalité économique. L’événement, animé en partenariat avec une radio locale et une ONG, a permis de discuter des défis et des opportunités liés à cette dépendance sectorielle. L’agriculture et l’élevage, en tant que piliers de l’économie locale, jouent un rôle clé dans la création d’emplois et la sécurité alimentaire, mais leur poids dans les recettes communales interroge sur la capacité à investir dans d’autres domaines stratégiques.
Quelles pistes pour un équilibre économique durable ?
La concentration des recettes sur un seul secteur expose Ruyigi à des risques structurels. Les variations de production, liées aux conditions météorologiques ou aux crises sanitaires, peuvent impacter directement les finances communales. Par ailleurs, cette spécialisation limite les marges de manœuvre pour financer des infrastructures, des services publics ou des projets de développement alternatifs. Pour atténuer ces vulnérabilités, une diversification progressive des activités économiques apparaît nécessaire, notamment en soutenant les secteurs secondaire et tertiaire.
Cependant, cette transition ne saurait être immédiate. Elle implique des investissements ciblés dans la formation, l’accès aux marchés et l’innovation agricole, ainsi qu’un accompagnement des acteurs locaux pour moderniser les pratiques. Les autorités communales pourraient également explorer des partenariats public-privé ou des fonds dédiés pour stimuler d’autres filières porteuses. En attendant, l’agriculture et l’élevage resteront le socle de la prospérité de Ruyigi, mais leur rôle devra être repensé pour garantir une croissance inclusive et résiliente.