Le président kenyan William Ruto a catégoriquement rejeté les accusations d’un contrat de 104 milliards de shillings attribué à Safaricom et Apeiro Limited pour le système technologique de l’Autorité de Santé Sociale (SHA). Lors d’un échange public en marge du Sommet national de la santé, il a défendu l’investissement dans la santé numérique, insistant sur son rôle dans l’amélioration de la transparence et de la traçabilité des dépenses. Une clarification qui intervient alors que des critiques pointent du doigt le manque de clarté sur l’utilisation des fonds publics.
Les faits essentiels
Le chef de l’État kenyan a démenti l’existence d’un contrat de 104 milliards de shillings pour l’acquisition d’un système technologique destiné à la SHA. Selon lui, il s’agit d’un investissement dans une infrastructure numérique visant à rendre visibles les traitements et les paiements, sans transfert de propriété des équipements. Le système, décrit comme une « autoroute numérique », repose sur 43 plateformes interconnectées pour soutenir la couverture santé universelle.
Anthony Lenaiyara, directeur général de l’Agence de santé numérique, a également rejeté ces allégations, précisant que le SHA n’a engagé aucun budget de 104 milliards pour des mises à niveau technologiques. Il a souligné que l’infrastructure a été déployée sans imposer aux établissements de santé l’achat de dispositifs spécifiques, contrairement au modèle précédent du Fonds national d’assurance maladie (NHIF), basé sur des dossiers physiques.
Pourquoi c'est important
Cette clarification intervient dans un contexte où la gestion des fonds publics en Afrique est régulièrement scrutée, notamment sur les projets liés à la santé. L’investissement dans la santé numérique, bien que présenté comme un levier de transparence, soulève des questions sur la répartition des coûts et la responsabilité des acteurs privés impliqués. La distinction opérée par les autorités entre l’acquisition d’équipements et le paiement de services pourrait atténuer les craintes de gaspillage, mais elle ne lève pas entièrement les interrogations sur la viabilité financière à long terme du système.
Par ailleurs, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des services publics, où la digitalisation est présentée comme un outil de lutte contre la corruption et d’amélioration de l’efficacité administrative. Cependant, son succès dépendra de la capacité des institutions à garantir une mise en œuvre rigoureuse et une évaluation indépendante des résultats.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs éléments restent à éclaircir dans les prochains mois. D’abord, la publication d’un audit détaillé sur l’utilisation des fonds alloués à la santé numérique permettrait de vérifier les affirmations des autorités. Ensuite, l’évolution des partenariats avec les acteurs privés, comme Safaricom et Apeiro Limited, devra être suivie de près, notamment sur les modalités contractuelles et les garanties de transparence.
Enfin, la performance du nouveau système comparée à l’ancien modèle du NHIF sera un indicateur clé. Si les retards de traitement ou les erreurs de paiement persistent, cela pourrait alimenter les critiques sur l’efficacité réelle de cette transition numérique. Les prochaines évaluations indépendantes du système seront donc déterminantes pour juger de son impact sur l’accès aux soins pour les Kenyans.