Onze ans après leur dernier concert et six ans après la mort de Neil Peart, Geddy Lee et Alex Lifeson ont relancé Rush avec l’Allemande Anika Nilles derrière les fûts. La tournée Fifty Something, qui a démarré début juin au Kia Forum de Los Angeles, confronte les musiciens à des défis physiques et émotionnels, tout en honorant l’empreinte inaliénable de leur batteur légendaire.
Un retour après des années d’incertitude
Geddy Lee et Alex Lifeson ont dû surmonter la mort de Neil Peart, des problèmes de santé, et des doutes quant à leur capacité à reprendre les rênes de Rush. Lifeson, atteint de gastroparésie et d’arthrite, a dû s’imposer une routine de soins et une purification anti-THC pour retrouver la clarté mentale. Lee, quant à lui, a travaillé sa voix avec un coach vocal, redécouvrant progressivement la puissance de ses aigus.
Anika Nilles : une batteuse de rock, pas une héritière
La choisie pour succéder à Peart, Anika Nilles, n’a jamais convoité le poste. Découverte par le technicien de Lee après avoir joué avec Jeff Beck, elle a dû s’adapter à un répertoire exigeant, apprenant à imiter l’impact massif de Peart tout en conservant son style. Son approche, marquée par l’humilité et la rigueur, a rapidement gagné la confiance du groupe.
Le spectre de Neil Peart, toujours présent
Le concert de Los Angeles a rendu hommage à Peart, dont la voix et l’image ont ponctué le show. Les morceaux comme « Time Stand Still » et « Bravado » ont été des moments de commémoration, tandis que l’affiche de la tournée, avec ses oiseaux en vol, évoquait l’absence et l’espérance. Pour Lee, chanter les textes de Peart reste un lien émotionnel indéfectible.
Un défi collectif, pas une simple nostalgie
La tournée Fifty Something illustre la résilience d’artistes confrontés à l’âge et à la perte. Elle réunit des fans en deuil, mais aussi un désir de célébrer la musique. « C’est un groupe de rock biscornu, mais on est toujours là », résume Lee, soulignant que le rock, dans ses défis, reste une force collective.
Entre triomphe et vulnérabilité, Rush incarne l’équilibre fragile entre héritage et renouveau, prouvant que la créativité peut transcender les limites du temps et de la douleur.