Royaume-Uni réduit drastiquement son aide à l'Afrique: quels pays et quelles conséquences?

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 24 lectures
Royaume-Uni réduit drastiquement son aide à l'Afrique: quels pays et quelles conséquences?

Le Royaume-Uni réduit de plus de 40 % son aide financière directe à l’Afrique d’ici 2029, une décision qui s’inscrit dans une refonte globale de sa politique d’aide publique au développement. Cette baisse, justifiée par une priorité accordée à la sécurité nationale et aux investissements stratégiques, menace les programmes humanitaires et de développement sur un continent déjà fragilisé par les conflits et les crises climatiques.

Les faits essentiels

Le gouvernement britannique a annoncé une diminution de plus de 40 % de son aide bilatérale directe à plusieurs pays africains, ainsi qu’à la Syrie et à l’Afghanistan. Cette réduction s’inscrit dans le cadre d’un recentrage des crédits alloués à l’aide publique au développement, passant de 0,5 % à 0,3 % du revenu national brut (RNB) du Royaume-Uni. Le budget total de l’aide bilatérale britannique devrait ainsi chuter de 43 %, passant de 3,14 milliards de livres sterling (3,6 milliards d’euros) en 2024-2025 à 1,79 milliard de livres sterling (2 milliards d’euros) en 2028-2029.

En Afrique, les réductions les plus marquées concernent la Sierra Leone (-83 %), le Malawi et le Mozambique (-90 %), ainsi que la Somalie (-49 %), le Soudan du Sud (-46 %) et la République démocratique du Congo (-29 %). D’autres pays comme le Rwanda, la Zambie, le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, le Zimbabwe, le Ghana, l’île Maurice et le Sénégal verront également leurs financements drastiquement réduits. À l’échelle du continent, l’aide bilatérale britannique devrait diminuer de 56 % d’ici 2028-2029, soit une perte de 874 millions de livres sterling par rapport à 2024-2025.

Pourquoi c'est important

Cette réduction brutale de l’aide britannique intervient dans un contexte où l’Afrique fait face à des défis majeurs : conflits armés, insécurité alimentaire, pression climatique et vulnérabilités économiques. Les pays les plus touchés, souvent parmi les plus pauvres du continent, dépendent en partie de ces financements pour des programmes de santé, d’éducation ou de résilience climatique. Une baisse aussi significative pourrait aggraver les crises humanitaires existantes et freiner les progrès accomplis dans des secteurs clés.

Le gouvernement britannique justifie cette décision par la volonté de rendre l’aide « plus stratégique », en privilégiant les partenariats multilatéraux et les investissements plutôt que les allocations bilatérales directes. Cependant, cette approche soulève des questions sur l’efficacité réelle des nouveaux mécanismes envisagés, notamment leur capacité à compenser les pertes subies par les populations les plus vulnérables.

Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs éléments restent à clarifier dans les mois à venir. D’abord, l’impact concret de cette réduction sur les programmes en cours, notamment dans les pays les plus affectés comme la Sierra Leone ou le Mozambique. Ensuite, la capacité des organisations multilatérales à absorber et redistribuer les fonds britanniques, alors que leur efficacité est déjà souvent questionnée. Enfin, les réactions des pays africains concernés, qui pourraient réévaluer leurs partenariats avec Londres en fonction des nouvelles priorités britanniques.

Les prochaines années seront déterminantes pour évaluer si cette stratégie de recentrage de l’aide britannique permettra de concilier réduction des dépenses et maintien d’un impact humanitaire et développemental significatif sur le continent africain.

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