Le Royaume-Uni franchit une nouvelle étape dans son soutien militaire à l'Ukraine en autorisant la production locale de missiles Scalp, une décision qui provoque une crise diplomatique avec Moscou et relance les tensions sur le front ukrainien.
Un accord militaire controversé signé à Kiev
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a officialisé lundi 24 août, lors de sa première visite à Kiev, un accord permettant à l'entreprise de défense MBDA de partager des informations classifiées avec l'Ukraine et la France. L'objectif ? Faciliter la production locale du missile franco-britannique de croisière Scalp, une arme de longue portée déjà utilisée par Kiev contre les positions russes. Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large de renforcement des capacités militaires ukrainiennes, alors que le conflit entre dans sa troisième année.
Moscou accuse Londres de saboter les efforts de paix
Le Kremlin a réagi avec virulence à cette annonce, qualifiant le Royaume-Uni de « pyromane » et d'acteur qui « jette de l'huile sur le feu » en soutenant militairement l'Ukraine. Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, a dénoncé une politique visant à « empêcher tout progrès vers un règlement pacifique » du conflit. Moscou a également menacé de riposter en ciblant les sites de production des missiles, accusant Londres de participer directement à la guerre. Cette escalade verbale s'accompagne d'une décision symbolique : la Russie a annoncé la fin de la mission diplomatique de son ambassadeur à Londres, accusant le Royaume-Uni de « détériorer » leurs relations bilatérales.
L'Ukraine intensifie ses frappes, la Russie durcit le ton
Depuis le début de l'invasion en 2022, l'Ukraine multiplie les attaques contre des cibles stratégiques en Russie, notamment des infrastructures pétrolières et logistiques situées loin des zones de combat. Cette stratégie, soutenue par les livraisons d'armes occidentales, vise à affaiblir la capacité industrielle et militaire de Moscou. Dans ce contexte, l'accord sur les missiles Scalp représente un nouveau levier pour Kiev, qui cherche à étendre sa marge de manœuvre face à une armée russe mieux équipée mais confrontée à des pénuries de ressources. La réaction russe, à la fois diplomatique et militaire, illustre l'escalade des tensions et la difficulté à envisager une issue négociée dans l'immédiat.