Route Eringeti-Kainama : entre dégradation et taxes illégales, l'économie du Nord-Kivu et de l'Ituri en péril

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 26 lectures
Route Eringeti-Kainama : entre dégradation et taxes illégales, l'économie du Nord-Kivu et de l'Ituri en péril

Un axe routier stratégique en crise : entre prélèvements illégaux et infrastructures défaillantes, la route Eringeti-Kainama cristallise les frustrations des usagers, commerçants et transporteurs du Nord-Kivu et de l’Ituri. Longue de 45 kilomètres, cette voie, vitale pour les échanges commerciaux entre les deux provinces, est aujourd’hui minée par des barrières multiples et un état de dégradation avancé, aggravant les difficultés économiques d’une région déjà fragilisée.

Les faits essentiels

Les usagers de la route Eringeti-Kainama, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), dénoncent une multiplication des taxes et prélèvements imposés à différents points de contrôle le long de cet axe. Selon des témoignages recueillis, les conducteurs de motos doivent s’acquitter de plusieurs milliers de francs congolais à chaque barrière, avec des montants variant entre 1 000 et 4 000 francs pour les déplacements classiques. Les frais s’alourdissent encore pour les transporteurs de marchandises, notamment les sacs de cacao, soumis à des prélèvements supplémentaires pouvant atteindre 20 000 francs.

Parallèlement, la route, longue d’environ 45 kilomètres, présente un état de délabrement avancé, sans réhabilitation significative à ce jour. Cette situation aggrave les coûts logistiques et limite la fluidité des échanges entre le Nord-Kivu et l’Ituri, deux provinces dont les économies sont pourtant interdépendantes.

Pourquoi c'est important

La dégradation de la route Eringeti-Kainama et la multiplication des barrières illégales ont des conséquences directes sur l’économie locale et la vie des populations. Les prélèvements abusifs alourdissent les charges des usagers, réduisant leur pouvoir d’achat et pesant sur les activités commerciales. Pour les transporteurs, ces frais supplémentaires se répercutent sur les prix des marchandises, rendant les échanges moins compétitifs et décourageant les investissements dans la région.

Cet axe routier joue un rôle clé dans les échanges entre le Nord-Kivu et l’Ituri, deux provinces où l’agriculture et le commerce informel constituent des piliers économiques. Une route en bon état et des prélèvements maîtrisés pourraient stimuler les échanges, tandis que la situation actuelle risque d’aggraver la précarité des populations locales, déjà confrontées à l’insécurité et aux difficultés économiques.

Ce qu'il faut surveiller

Les autorités locales ont été alertées par les acteurs de la société civile et les usagers. L’administrateur militaire du territoire de Beni a annoncé une visite prochaine dans la zone pour évaluer la situation et envisager des mesures correctives. Cette intervention pourrait permettre de clarifier l’origine des prélèvements et d’identifier les responsables des barrières illégales.

Plusieurs pistes sont à suivre : la régularisation des taxes imposées, la réhabilitation de la route, et la lutte contre les prélèvements abusifs. Une action coordonnée entre les autorités provinciales et les acteurs locaux sera essentielle pour restaurer la confiance et relancer les échanges économiques. La population attend des résultats concrets, notamment pour les commerçants et transporteurs qui subissent au quotidien les conséquences de cette situation.

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