Le gouvernement italien a confirmé, lundi 31 août, la prolongation de quinze jours des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne. Une décision prise en pleine crise migratoire dans l'enclave espagnole de Ceuta, où la situation reste tendue malgré l'afflux massif de fin juillet.
Une reconduction attendue depuis Rome
Le Viminale, siège du ministère italien de l'Intérieur, a annoncé qu'une note informant l'Union européenne de cette prolongation était en cours de notification. Le ministre Matteo Piantedosi a lui-même prévenu son homologue espagnol, Fernando Grande-Marlaska, au cours d'un échange téléphonique qualifié de « constructif » par les deux parties. Ces contrôles devaient expirer ce lundi, mais la dégradation de la situation à Ceuta a conduit à cette reconduction.
Ceuta, point chaud de la pression migratoire
Entre 5 000 et 10 000 migrants demeurent actuellement dans l'enclave espagnole, un mois après l'arrivée d'au moins 60 000 personnes en l'espace de quelques jours à la fin juillet. Les tensions avec les habitants locaux se sont intensifiées, nourrissant l'inquiétude des autorités italiennes. Matteo Piantedosi avait déclaré le 28 août sur leTg1 : « La situation est loin de s'être améliorée à Ceuta. Nous procéderons à une évaluation sereine et nous réfléchirons à la décision définitive le jour même de l'échéance. »
Des contrôles ciblés pour éviter la confrontation
Le gouvernement de Giorgia Meloni a tenu à désamorcer toute crispation diplomatique. Selon Piantedosi, les contrôles ne concernent que les ressortissants de pays tiers. Les citoyens européens, y compris les Italiens et les Espagnols, ne sont pas affectés. Le ministre a également réaffirmé qu'il n'existait « aucune volonté de confrontation avec Madrid ».
Madrid fulmine, les accusations fusent
Le ton reste néanmoins vif côté espagnol. Le ministre des Affaires étrangères, Manuel Albares, a qualifié la décision de « affront injustifié et injustifiable à la dignité des Espagnols », y voyant une manœuvre à visée électorale. Cette prolongation, actée quelques semaines après le Ferragosto, alimente les critiques de l'opposition madrilène contre la politique migratoire du gouvernement italien.