Le maire de Béziers, Robert Ménard, comparaîtra le 30 septembre devant le tribunal de Montpellier pour avoir refusé de célébrer le mariage d’un ressortissant algérien sous obligation de quitter le territoire français (OQTF). L’élu, qui risque jusqu’à cinq ans de prison et une peine d’inéligibilité, a appelé Emmanuel Macron à témoigner en sa faveur, invoquant une « situation ubuesque » où l’État place les maires dans une position illégale.
Un procès aux enjeux politiques et juridiques majeurs
Robert Ménard sera jugé pour avoir refusé de marier un homme sous OQTF, une infraction passible de cinq ans d’emprisonnement, 75 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité. L’élu, officier de police judiciaire, justifie sa décision en soulignant que l’État a lui-même délivré l’OQTF à l’intéressé. « Ce garçon faisait l’objet d’une OQTF, ce n’est pas moi qui l’ai délivrée, c’est l’État », a-t-il déclaré, ajoutant : « On va me demander de marier quelqu’un qui est dans cette situation, alors qu’il n’a pas à y être. »
Macron interpellé sur une « situation illégale »
Une semaine avant l’affaire, Ménard affirme avoir alerté les autorités locales et le ministre de l’Intérieur sur l’absurdité de la situation. Lors d’une émission télévisée, il avait même interrogé Emmanuel Macron, qui avait reconnu le caractère « ubuesque » du problème. « Si c’est si ubuesque que cela, pourquoi ne fait-on pas voter une loi pour ne plus mettre les maires dans cette situation ? », a-t-il rétorqué. Pourtant, le chef de l’État n’a pas encore répondu à sa demande de témoigner en sa faveur lors du procès.
Un appel à la responsabilité de l’État
Ménard, réélu il y a six mois, assume pleinement son acte et se dit « inquiet » mais « sans regret ». Son procès cristallise les tensions entre les responsabilités des élus locaux et les décisions de l’État en matière d’immigration. En invoquant Macron comme témoin, il place le pouvoir exécutif face à ses propres contradictions, tout en interrogeant la légitimité des maires à appliquer des règles qu’ils jugent contraires à l’intérêt public. La décision de justice, attendue pour le 30 septembre, pourrait avoir des répercussions bien au-delà de Béziers.