Robert Malley qualifie le processus d'Oslo d'illusion et propose une nouvelle approche pour la paix au Moyen‑Orient après trois décennies d'échecs

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
Robert Malley qualifie le processus d'Oslo d'illusion et propose une nouvelle approche pour la paix au Moyen‑Orient après trois décennies d'échecs

Robert Malley, ancien conseiller de trois présidents américains et négociateur clé de l'accord nucléaire iranien, estime que le processus d'Oslo était une illusion, reposant sur une mauvaise interprétation de l'histoire du conflit. Dans son ouvrage "Demain c'est hier", co‑écrit avec Hussein Agha, il analyse trente ans d'échecs et propose une refonte du cadre de paix au Proche‑Orient.

Un regard rétrospectif sur Oslo

Malley rappelle que les accords d'Oslo, signés en 1993, ont été présentés comme le point de départ d'une solution à deux États. Selon lui, les parties ont mal compris les revendications historiques et les dynamiques de pouvoir, ce qui a conduit à des attentes irréalistes et à une impasse durable. Cette lecture critique s’appuie sur son expérience de négociateur lors des phases cruciales du processus de paix, où il a constaté l'absence de consensus réel sur les frontières et le statut de Jérusalem.

Leçons tirées de l'accord nucléaire iranien

En tant que principal architecte de l'accord sur le nucléaire iranien (JCPOA), Malley souligne que la réussite de cette négociation repose sur une approche pragmatique, centrée sur des garanties techniques et des mécanismes de vérification. Il propose d’appliquer une logique similaire aux pourparlers israélo‑palestiniens, en privilégiant des étapes mesurables plutôt que des promesses globales qui ne tiennent pas compte des réalités du terrain.

Vers une nouvelle architecture de paix

Dans "Demain c'est hier", co‑écrit avec le chercheur Hussein Agha, l’auteur esquisse plusieurs pistes : instaurer un cadre multilatéral incluant les acteurs régionaux (Arabie Saoudite, Égypte, Jordanie), renforcer le rôle des institutions internationales pour garantir la mise en œuvre des accords, et accepter une flexibilité territoriale qui dépasse le modèle strictement binaire État‑Palestinien/État‑Israélien. Il insiste également sur la nécessité d’une reconnaissance mutuelle des narratives historiques afin d’éviter les malentendus qui ont miné Oslo.

Implications pour les décideurs africains et la diaspora

Les pays africains, souvent impliqués dans les forums de médiation internationale, peuvent tirer parti de cette analyse en proposant des mécanismes de suivi inspirés des succès du JCPOA. La diaspora africaine, active dans les sphères diplomatiques et économiques, pourrait jouer un rôle de pont entre les parties, en apportant une perspective neutre et en facilitant le dialogue sur les garanties techniques et les engagements à long terme.

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