Risque de reprise du conflit au Tigré : tensions entre le gouvernement éthiopien et le TPLF menacent la fragile paix

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 13 lectures
Risque de reprise du conflit au Tigré : tensions entre le gouvernement éthiopien et le TPLF menacent la fragile paix

Des affrontements ont repris dans le nord de l’Éthiopie, où les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et l’armée fédérale s’affrontent à nouveau. La population, déjà meurtrie par deux années de guerre, fait face à des achats de panique et à la coupure des services numériques, signe d’une possible escalade vers un conflit plus large.

Reprise des combats et premières conséquences

Cette semaine, des échanges de tirs ont éclaté à Mekele, capitale du Tigré, avant de se propager aux régions voisines d’Afar et d’Amhara. Le gouvernement accuse le TPLF d’avoir lancé les attaques après avoir saisi les aéroports régionaux, tandis que le TPLF affirme répondre à une offensive fédérale, incluant des frappes de drones. Des habitants rapportent que des drones ont touché deux écoles, prétendues bases militaires, soulignant la difficulté de vérifier les faits sur le terrain.

Points de friction de l’accord de Pretoria

L’accord de paix signé à Pretoria en 2022, négocié par l’Union africaine, a mis fin à la guerre ouverte mais a laissé plusieurs questions sans réponse. Le désarmement du TPLF reste le principal litige : Addis-Abeba estime que le groupe n’a remis que des armes anciennes, tandis que le TPLF refuse de désarmer complètement. Un autre sujet de discorde porte sur le statut du Tigré occidental, perdu au profit de la région d’Amhara pendant la guerre, que le TPLF réclame à nouveau, le gouvernement proposant un référendum. Ces impasses alimentent la méfiance et alimentent les tensions actuelles.

Nouvelle alliance du TPLF et implications régionales

Au début du mois de septembre, le TPLF a rejoint six mouvements armés pour former l’« Alliance pour la survie », incluant la milice Fano d’Amhara et l’Armée de libération oromo. Bien que ces groupes aient des griefs distincts, ils partagent l’objectif de renverser le gouvernement d’Abiy Ahmed. Cette coalition, toutefois, reste fragile du fait de divergences internes, notamment sur le sort du Tigré occidental. La formation de cette alliance élargit le risque d’une conflagration qui pourrait embraser d’autres foyers de tension en Oromia et en Amhara, voire entraîner une nouvelle implication de l’Érythrée, autrefois alliée aux forces fédérales.

Efforts diplomatiques et perspectives

L’Union africaine, par l’intermédiaire de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, a appelé à une cessation immédiate des hostilités et à la reprise des pourparlers directs. L’ONU et la communauté de l’IGAD ont émis des appels similaires, insistant sur le danger d’une escalade régionale. Cependant, la confiance entre Addis-Abeba et le TPLF reste très faible, et la présence d’une alliance armée complique les négociations. Le suivi de la situation dépendra de la capacité des médiateurs à rétablir un dialogue crédible et à résoudre les questions clés du désarmement et du statut territorial.

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