Figure centrale du paysage numérique burkinabè, Richard Anago incarne une approche stratégique de la souveraineté technologique. Ingénieur de formation, il a consacré plus de trente ans à porter la voix du Burkina Faso au sein des instances internationales, avant de rejoindre, en décembre 2024, le Bureau régional de l'Union internationale des télécommunications (UIT) à Addis-Abeba.
Une expertise forgée entre technique et diplomatie
Né en 1964, Richard Anago a bâti son socle technique en Bulgarie, où il obtient son diplôme d'ingénieur en 1989, complété plus tard par un Master en Suisse. Son immersion dans le secteur débute en 1992 à l'Office National des Télécommunications (ONATEL). Durant quinze ans, il y occupe des fonctions opérationnelles clés, supervisant le réseau national, la gestion du trafic et le pilotage des plans directeurs d'infrastructures, incluant le déploiement de la fibre optique et des réseaux ruraux.
L'influence du Burkina Faso sur la scène mondiale
À partir de 2007, Richard Anago oriente sa carrière vers la coopération technique au sein du ministère en charge du numérique. Durant dix-sept ans, il orchestre la présence du Burkina Faso dans les cénacles décisionnels mondiaux tels que l'UIT, l'UAT ou l'ICANN. Sous son impulsion, le pays a régulièrement siégé au Conseil de l'UIT et à celui de l'UAT, assurant une participation constante aux négociations sur les normes, les fréquences et les politiques économiques du secteur. Il a également piloté des réformes nationales majeures, notamment le passage du plan de numérotage à huit chiffres et l'harmonisation du cadre juridique avec les directives régionales.
Un nouveau rôle continental à l'UIT
Depuis décembre 2024, en tant que coordonnateur de programmes au Bureau régional de l'UIT pour l'Afrique, Richard Anago supervise désormais le cycle de vie des initiatives numériques à l'échelle du continent. Sa mission consiste à mobiliser des ressources, accompagner les États membres dans leurs programmes de développement et renforcer les synergies entre gouvernements, universités et secteur privé. Ce parcours, distingué par plusieurs décorations nationales au Burkina Faso, illustre une conviction profonde : la souveraineté numérique africaine se gagne autant dans les salles de négociations internationales que par le déploiement d'infrastructures locales.