Retour de Paul Biya à Yaoundé : attentes d’un remaniement gouvernemental et incertitudes sur la vice‑présidence

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 4 lectures
Retour de Paul Biya à Yaoundé : attentes d’un remaniement gouvernemental et incertitudes sur la vice‑présidence

Le retour de Paul Biya à Yaoundé le 20 août a relancé les attentes d’un remaniement du gouvernement et d’une nomination à la vice‑présidence, postes restés vides à ce jour. L’absence de décision officielle alimente les craintes de succession et crée une incertitude qui pèse sur l’économie du pays.

Promesses non tenues depuis le retour du président

Après dix semaines d’absence à l’étranger, le président de 93 ans a déclaré, dans son discours du 31 décembre 2025, que « un nouveau gouvernement serait formé dans les jours à venir ». Plus de neuf mois plus tard, aucun nouveau cabinet n’a été présenté et la vice‑présidence, rétablie par l’amendement constitutionnel d’avril, demeure inoccupée. Le quotidien Cameroon Tribune a confirmé que le gouvernement n’a pas encore publié de décret officiel, malgré les attentes quotidiennes de nombreux Camerounais, dont Elvis Mbi, qui écoute chaque soir le bulletin de 17 h à la CRTV.

La vice‑présidence, un levier de stabilité encore inexploité

L’amendement de la loi n° 2026/002, promulgué le 14 avril, autorise le président à nommer et révoquer un vice‑président qui, en cas de vacance du pouvoir, assurerait l’intérim. Aucun délai n’est imposé pour pourvoir ce poste, ce qui laisse le pays sans mécanisme clair de succession. Un prétendu décret de nomination, remis à la CRTV en juin, a été jugé non conforme et son auteur détenu. Les opposants, comme Cabral Libii du Parti camerounais pour la réconciliation nationale, soulignent que la désignation d’un vice‑président « sécuriserait la continuité du leadership » et atténuerait les luttes de succession qui paralysent l’action collective.

Impact de l’incertitude politique sur l’investissement et les réformes

Les analystes de risques, dont Jason Healy de BMI (Fitch Solutions), avertissent que l’opacité autour du gouvernement freine la confiance des investisseurs, notamment pour les projets de grande envergure à long terme. Selon lui, le retard pourrait être une stratégie de Biya pour garder le contrôle sur le calendrier et la composition d’un éventuel nouveau cabinet. De son côté, Mbi Aziseh Azimboh, directrice du Policy Lab for Civic Innovation and Community Solutions (POLITICOS), estime que l’attente prolongée ralentit les décisions publiques, retarde les réformes et compromet la mise en œuvre de politiques essentielles.

Réactions officielles et perception citoyenne

Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a rappelé que le président possède le pouvoir constitutionnel de choisir le moment de la nomination, qualifiant ce délai de « normal ». De même, l’ancien ministre Elvis Ngolle Ngolle a reconnu la légitimité des inquiétudes populaires tout en défendant la prérogative présidentielle. Pour les auditeurs comme Elvis Mbi, l’attente devient décourageante : « Personne ne sait rien maintenant. C’est décourageant d’écouter chaque fois sans obtenir la grande nouvelle », confie-t-il.

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