Le collectif citoyen 'L’Heure est grave pour la Casamance' a accepté de reporter la marche prévue le 26 septembre à Ziguinchor, afin de laisser place à la cérémonie officielle de commémoration du naufrage du Joola. Cette décision, prise à la suite d’une demande du préfet Latyr Diaye, ne met pas fin aux revendications concernant le nouveau pont Émile Badiane, mais repousse la mobilisation à une date indéterminée.
Une mobilisation prévue pour le pont Émile Badiane
Le collectif avait annoncé une marche pacifique de 300 participants pour interpeller les autorités sur le lancement des travaux du pont Émile Badiane, infrastructure jugée stratégique pour le développement de la Casamance. Les organisateurs souhaitaient attirer l’attention sur les retards et les incertitudes budgétaires qui freinent le projet, perçu comme un levier économique majeur pour la région.
Le préfet invoque la commémoration du Joola
Dans une lettre datée du 23 septembre 2026, le préfet de Ziguinchor, Latyr Diaye, a rappelé que la date du 26 septembre coïncidait avec la cérémonie officielle de souvenir du naufrage du Joola, survenu en 2002 et qui a fait plus de 1 800 victimes. Selon le préfet, cette journée mobilise l’ensemble de la population, les autorités locales ainsi que les forces de défense et de sécurité, justifiant ainsi la demande de décalage de la marche.
Réaction du collectif et perspectives
Le collectif a exprimé sa compréhension de la démarche préfectorale, soulignant sa solidarité avec les familles des victimes du Joola. Les organisateurs ont indiqué que le report n’altère pas leurs revendications sur le pont, mais qu’ils chercheront une nouvelle date qui ne chevauche pas les moments de recueillement. Aucun calendrier précis n’a encore été communiqué, laissant la mobilisation en suspens.
Enjeux pour la Casamance
Le report de la marche met en lumière la complexité des priorités locales : d’une part, le besoin de rendre hommage aux victimes du Joola, d’autre part, la volonté d’accélérer des projets d’infrastructure essentiels pour la croissance régionale. Le pont Émile Badiane, une fois achevé, devrait faciliter les échanges entre le nord et le sud du pays, réduire les coûts de transport et stimuler le commerce transfrontalier. Le report de la manifestation ne résout pas les questions de financement et de planification qui restent au cœur du débat public.