Rentrée scolaire au Cameroun : des millions d'élèves de retour, mais les enseignants ruraux toujours livrés à eux-mêmes

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 63 lectures
Rentrée scolaire au Cameroun : des millions d'élèves de retour, mais les enseignants ruraux toujours livrés à eux-mêmes

Au Cameroun, plus de quatre millions d'élèves ont repris le chemin de l'école ce 7 septembre. Si la rentrée mobilise les familles sur l'ensemble du territoire, les enseignants des zones rurales font face à des conditions de travail qui restent dramatiques : deux instituteurs sur trois du primaire public exercent dans des localités dépourvues des services les plus basiques.

Une rentrée massive dans un système sous tension

Chaque année, la rentrée scolaire camerounaise constitue un événement majeur pour des millions de ménages. Cette fois encore, plus de quatre millions d'élèves ont retrouvé les bancs de leur école ce 7 septembre. Mais derrière ce chiffre impressionnant, les disparités entre le milieu urbain et le monde rural restent profondes. Le pays compte un taux de scolarisation en progression, mais la qualité de l'enseignement dispensé dans les villages dépend largement de la volonté individuelle des enseignants face à des réalités quotidiennes difficiles.

Deux enseignants sur trois ancrés dans les zones enclavées

La répartition des enseignants du primaire public camerounais révèle une concentration significative en zone rurale. Plus de deux enseignants sur trois sont affectés dans des localités éloignées des grands centres urbains. Cette affectation massive répond à un impératif de couverture territoriale, mais les conditions offertes à ces enseignants ne suivent pas. Beaucoup se retrouvent dans des villages où l'État central semble avoir du mal à assurer sa présence, parfois à quelques dizaines de kilomètres à peine de la capitale Yaoundé.

Ese, à 80 km de Yaoundé : l'école sans confort

La localité d'Ese, située à plus de 80 kilomètres de la capitale camerounaise, illustre ces réalités. Les enseignants qui y exercent doivent se passer d'eau potable, d'électricité et de logement décent. Pourtant, ils maintiennent leur poste, convaincus de leur mission éducative. Ces professionnels de l'enseignement font figure de derniers remparts pour des communautés souvent abandonnées par les services publics de base. Leur engagement compense tant bien que mal le manque de volonté politique qui persiste pour attirer et retenir les enseignants qualifiés dans les zones rurales.

Une équation non résolue entre couverture et qualité

Le gouvernement camerounais fait face à un dilemme récurrent : garantir une présence éducative sur l'ensemble du territoire tout en assurant des conditions décentes aux personnels. Les syndicats d'enseignants soulèvent régulièrement la question des primes d'éloignement, des avantages en nature et des plans de carrière pour les zones rurales. Ces revendicaciones restent pour l'instant largement lettres mortes. Sans решение concret, le risque d'un exode des enseignants vers les villes ne cesse de s'accentuer, au détriment direct de la qualité de l'apprentissage dans les villages.

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