Rentrée scolaire 2026 en RDC : entre désertion des salles et saturation des sites de déplacés

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 71 lectures
Rentrée scolaire 2026 en RDC : entre désertion des salles et saturation des sites de déplacés

La rentrée scolaire 2026 en République démocratique du Congo, qui concerne près de 31 millions d'élèves, s'ouvre sur un paysage éducatif profondément fragmenté. Alors que le calendrier officiel impose un volume strict de 222 jours de cours, les disparités d'effectifs entre les établissements publics et les zones de crise soulignent les défis structurels du système.

Une fréquentation scolaire à deux vitesses

Les premiers jours de classe illustrent un décalage frappant sur l'ensemble du territoire. Dans le Kongo Central, l'école primaire 1 INERA Mvuazi n'a accueilli que neuf élèves sur les 255 attendus, une tendance à la faible fréquentation observée également à Kinshasa. À l'inverse, dans les zones marquées par l'instabilité, la pression est extrême : à Bunia, l'école Saint-Luc, située sur un site de déplacés, enregistre 1 100 élèves, soit trois fois sa capacité d'accueil réelle. Cette situation contraint les autorités éducatives à appeler les parents à scolariser leurs enfants sans attendre, malgré les difficultés économiques qui freinent l'achat des fournitures.

Le poids des contraintes économiques et sanitaires

Le respect du calendrier scolaire, fixé par le ministère de l'Éducation nationale, se heurte à la réalité du pouvoir d'achat des familles. Malgré l'interdiction formelle de refuser l'accès aux élèves en difficulté de paiement, la baisse des prix des fournitures scolaires chez les commerçants ne suffit pas à stimuler la demande. Parallèlement, la sécurité sanitaire reste une préoccupation majeure dans les zones précaires. À Bunia, l'absence de matériel de protection contre les épidémies, couplée à une pénurie d'eau, fragilise l'accueil des élèves dans des salles où la promiscuité atteint quatre enfants par banc.

Dispositifs pilotes et limites structurelles

Pour répondre aux enjeux de nutrition et de continuité pédagogique, l'État a lancé un programme de 78 cantines scolaires pilotes, soit une moyenne de trois par province. Ce dispositif, bien que symbolique face aux 31 millions d'élèves, s'inscrit dans une stratégie nationale visant à stabiliser la fréquentation. Dans les 18 sous-divisions classées à haut risque épidémique, un mécanisme d'enseignement à distance, reposant sur la distribution de feuilles de travail et la diffusion radiophonique, a été mis en place pour pallier les interruptions de cours. La réussite de cette année scolaire dépendra désormais de la capacité des autorités à harmoniser ces disparités territoriales tout en garantissant le respect des 900 heures de présence effective requises par la loi-cadre.

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