Les relations entre le Maroc et l'Espagne, marquées par une histoire mouvementée, connaissent des périodes de rapprochement et de tension. Une amitié prudente, où les enjeux stratégiques jouent un rôle crucial.
Une histoire complexe et des blessures profondes
La présence arabe en Andalousie, la bataille de Zallaqa en 1086, et l'occupation espagnole du nord et du sud du Maroc ont laissé des traces dans la mémoire collective. Les deux pays ont connu des périodes de conflit et d'indépendance, avec le maintien des enclaves de Sebta et Melilla par l'Espagne.
Une méfiance historique
Malgré des périodes de rapprochement, l'Espagne n'a pas totalement laissé de côté sa méfiance envers le Maroc. Madrid considère toujours le Maroc comme un ennemi stratégique et un voisin gênant, craignant sa croissance économique et son influence régionale.
Un partenariat stratégique malgré les obstacles
Le Maroc est aujourd'hui le premier partenaire commercial de l'Espagne en Afrique et son deuxième partenaire mondial en dehors de l'UE. Il contribue à la protection des frontières européennes et joue un rôle crucial dans la coopération sécuritaire. Malgré les tensions, le Maroc reste attaché à une approche raisonnée et sincère.
La délimitation des frontières maritimes et la reconnaissance américaine
La décision souveraine du Maroc de délimiter ses frontières maritimes a créé des inquiétudes en Espagne, conduisant à une crise silencieuse et au report d'un sommet bilatéral. La reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara a bouleversé les équilibres géopolitiques, poussant l'Espagne à revoir ses calculs dans ses négociations avec le Maroc.
Pressions et initiatives espagnoles
L'Espagne, se présentant comme un tuteur « colonial », a tenté de faire pression sur l'administration Biden pour revenir sur la reconnaissance du Sahara marocain. Des partis espagnols ont émis des déclarations hostiles aux intérêts stratégiques du Maroc, allant à l'encontre de l'esprit de bon voisinage. Le Maroc appelle à une relation claire et digne de confiance.
L'accueil d'Ibrahim Ghali et les manifestations espagnoles
L'accueil d'Ibrahim Ghali, considéré comme un criminel de guerre par le Maroc, a été justifié par des raisons humanitaires par les autorités espagnoles. Des manifestations en Espagne dénoncent la politique migratoire du gouvernement Sánchez, certaines portant atteinte aux symboles nationaux. Une faillite morale et politique d'une partie de la droite espagnole.
Vers un avenir commun
L'Espagne doit reconnaître l'évolution des rapports de force et accepter les décisions souveraines du Maroc. La diplomatie espagnole devrait envisager un avenir commun, renforçant le partenariat stratégique et construisant des relations équilibrées et profitables pour les deux pays et les rives de la Méditerranée. Une leçon essentielle : la volonté de construire des relations meilleures demeure toujours.