Régulation des réseaux sociaux au Ghana : l'artiste Shatta Wale propose un cadre juridique pour contrer les abus en ligne

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 14 lectures
Régulation des réseaux sociaux au Ghana : l'artiste Shatta Wale propose un cadre juridique pour contrer les abus en ligne

L'artiste ghanéen Charles Nii Armah Mensah Jr., plus connu sous le nom de Shatta Wale, a adressé une proposition formelle au président John Dramani Mahama pour encadrer les dérives sur les réseaux sociaux. Cette initiative intervient alors que le chef de l'État a appelé à une réflexion nationale sur la régulation des plateformes numériques, confrontées à une montée de la désinformation et du harcèlement.

Un cadre juridique sous contrôle judiciaire

Shatta Wale insiste sur la nécessité d'un cadre légal rigoureux qui ne soit pas une entrave aux libertés fondamentales garanties par la Constitution de 1992. Il préconise que toute intervention contre des contenus abusifs — diffamation ou harcèlement — soit soumise à une procédure régulière et à une supervision judiciaire indépendante. L'objectif est d'éviter toute dérive vers une nouvelle forme de loi sur la diffamation criminelle, abrogée dans le pays en 2001.

Vérification des comptes et responsabilité

Pour lutter contre l'impunité, l'artiste suggère de renforcer la vérification des comptes sur les plateformes sociales en s'appuyant sur les systèmes existants, tels que la carte d'identité nationale (Ghana Card) et l'enregistrement des cartes SIM. Il propose que les plateformes collaborent avec les autorités sur la base d'ordonnances judiciaires pour identifier les auteurs d'abus avérés, tout en mettant en garde contre une levée totale de l'anonymat qui pourrait nuire au débat public.

Proportionnalité des sanctions et éducation

En matière de répression, Shatta Wale suggère que si certaines conduites en ligne doivent être criminalisées, les peines doivent rester proportionnées. Il évoque des peines de prison symboliques, n'excédant pas un mois, visant davantage la dissuasion et la correction que la punition pure. Parallèlement à ces mesures législatives, il appelle à un vaste programme d'éducation aux comportements responsables en ligne.

L'implication des acteurs du secteur créatif

Le débat, initié par le président Mahama lors d'une rencontre à New York, interroge notamment le rôle de la police dans la régulation des nouveaux médias. Shatta Wale exhorte le gouvernement à inclure les professionnels de l'industrie créative dans les concertations. Forts de leur expérience directe avec les dynamiques des réseaux sociaux et les critiques publiques, ces acteurs sont, selon lui, des partenaires indispensables pour définir l'équilibre entre la protection de l'intégrité de l'information et la préservation de la liberté d'expression.

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