Dans la plaine de Ku Moso, les sites de Musenyi I et II accueillent 20 000 réfugiés congolais, dont une large majorité d'enfants. Malgré une apparente autonomie économique, les résidents font face à une précarité alimentaire sévère, des infrastructures sanitaires défaillantes et une menace climatique persistante liée au phénomène El Niño.
Une aide humanitaire jugée insuffisante
Le quotidien des réfugiés est marqué par une dépendance critique à une aide jugée dérisoire par les bénéficiaires. Dawid Ngomanywa, père de famille, souligne l'impossibilité de subvenir aux besoins essentiels avec une ration mensuelle limitée à un kilogramme de farine ou de riz par personne. L'alternative financière, fixée à 38 000 BIF par mois, est également jugée largement insuffisante pour couvrir les besoins de base au-delà de quelques produits de première nécessité comme le savon ou le sel.
Santé et hygiène : des défis structurels
L'accès aux soins de santé constitue une préoccupation majeure pour les résidents. Les témoignages font état d'une pénurie chronique de médicaments, où les traitements contre le paludisme se limitent souvent à du paracétamol. La situation est aggravée par des conditions d'hygiène précaires : le débordement récurrent des latrines et le manque de produits d'hygiène intime pour les femmes et les jeunes filles augmentent significativement les risques d'infections au sein des deux sites.
La menace des intempéries et la vulnérabilité des abris
La configuration géographique des camps, situés dans une plaine surplombée par des montagnes, expose les réfugiés à des risques élevés d'inondations. Les tentes, installées depuis plus d'un an, sont aujourd'hui vétustes et incapables de protéger les familles contre les fortes pluies. Le phénomène El Niño a déjà causé des dégâts matériels importants le 21 octobre dernier, détruisant des abris et ruinant les effets personnels de nombreux foyers. L'absence de caniveaux d'évacuation fonctionnels aggrave la stagnation des eaux à l'intérieur même des zones d'habitation.
L'espoir des logements en dur
Face à cette vulnérabilité, un projet gouvernemental burundais, piloté par le ministère de l'Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, est en cours de finalisation. Une centaine de maisons en dur sont en phase de finition à Musenyi I. Si cette initiative est accueillie avec satisfaction par les réfugiés, ces derniers appellent à une extension du projet à l'ensemble de la population du camp pour garantir une protection durable contre les aléas climatiques et améliorer les conditions de vie globales sur le site.