Près de 85 % des travailleurs africains échappent encore aux systèmes de retraite formels, alors que le continent comptera plus de 226 millions de personnes âgées de 60 ans et plus d’ici 2050. Face à cette urgence démographique et sociale, la vice-présidente du Ghana a appelé à une refonte urgente des régimes de pension, jugés inadaptés à la réalité du marché du travail africain.
Un système de retraite à bout de souffle
Les régimes de retraite africains, conçus pour des emplois stables et des revenus réguliers, peinent à couvrir les travailleurs du secteur informel, qui représentent la majorité de la main-d’œuvre. Selon les projections, la population âgée du continent devrait quadrupler d’ici 2050, exacerbant les défis de viabilité financière et d’inclusion. Les systèmes actuels, qui ne protègent qu’un cinquième des actifs, risquent de s’effondrer sous le poids des obligations futures sans une réforme structurelle.
La diversité du marché du travail africain, marqué par la mobilité entre secteurs et la pluralité des sources de revenus, exige des mécanismes flexibles. Les travailleurs informels, souvent exclus des schémas traditionnels, doivent pouvoir accéder à des dispositifs de protection adaptés. Sans cela, la promesse d’une retraite digne restera hors de portée pour des millions de citoyens.
Technologie et coopération régionale : les leviers d’une transition
Pour étendre la couverture des retraites, la vice-présidente a plaidé en faveur de l’innovation technologique. Les systèmes d’identification numérique, les plateformes de mobile money et les solutions fintech pourraient faciliter l’inclusion des travailleurs informels. La supervision basée sur les données et les infrastructures digitales émergentes offrent également des opportunités pour améliorer l’efficacité et renforcer la confiance des épargnants.
Par ailleurs, l’intégration économique africaine, notamment via la Zone de libre-échange continentale (ZLECAf), impose une coordination renforcée entre les États. La portabilité des droits à la retraite et la protection des acquis des travailleurs mobiles deviennent des enjeux cruciaux. Quatre priorités ont été identifiées : accélérer l’inclusion des travailleurs informels, exploiter le potentiel des technologies, renforcer la coopération transfrontalière et garantir la transparence des institutions de retraite.
Sans une réforme ambitieuse, les systèmes de retraite africains risquent de creuser les inégalités et de fragiliser la cohésion sociale. L’enjeu dépasse la simple viabilité financière : il s’agit de bâtir un modèle de protection sociale équitable, capable de s’adapter aux réalités d’un continent en pleine mutation.