Le Ghana s’apprête à révolutionner sa collecte de la TVA grâce à des dispositifs fiscaux électroniques, une réforme censée combler un déficit de conformité estimé à 60 % et dynamiser les recettes publiques.
Une réforme technologique pour lutter contre l’évasion fiscale
Le gouvernement ghanéen a récemment adopté une loi imposant aux commerces l’installation de dispositifs fiscaux électroniques certifiés. Ces outils, obligatoires dans les points de vente, enregistrent chaque transaction, calculent automatiquement la TVA et transmettent les données en temps réel à l’autorité fiscale. L’objectif est clair : réduire l’écart de conformité à la TVA, actuellement proche de 60 %, et renforcer la transparence des échanges commerciaux.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’administration fiscale, marquée par une mobilisation accrue des recettes. Au premier semestre, l’autorité fiscale a déjà collecté plus de 80 millions de cedis, avec un objectif annuel dépassant les 170 millions. Ces résultats, salués par les autorités traditionnelles, soulignent l’importance d’élargir l’assiette fiscale, notamment en intégrant le secteur informel.
Enjeux et défis pour une transition réussie
Malgré des débuts prometteurs, la réforme suscite des réticences dans le milieu des affaires. Certains acteurs du secteur privé ont initialement contesté l’introduction des nouveaux systèmes, jugés complexes ou coûteux. Cependant, les autorités fiscales estiment que ces obstacles sont en voie de résolution, grâce à une meilleure compréhension des dispositifs par les entreprises. L’automatisation des processus, comme l’outil Publican AI, est présentée comme un levier pour simplifier la déclaration et la collecte des taxes.
Les autorités appellent également à une vigilance accrue face aux fraudes internes, où certains responsables pourraient détourner des fonds publics. L’appel du roi Ashanti, Otumfuo Osei Tutu II, à étendre la collecte aux secteurs négligés et à renforcer la collaboration interinstitutionnelle reflète cette volonté de transparence. Si la réforme parvient à s’imposer, elle pourrait servir de modèle pour d’autres pays africains confrontés à des défis similaires en matière de mobilisation fiscale.