Réforme du Code de procédure civile : Ouahbi mise sur formation et numérisation

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 27 lectures
Réforme du Code de procédure civile : Ouahbi mise sur formation et numérisation

La mise en œuvre effective du nouveau Code de procédure civile au Maroc ne repose pas uniquement sur son adoption législative, mais exige des conditions institutionnelles et opérationnelles pour garantir son application concrète. C’est ce qu’a souligné le ministre de la Justice, dans une réponse écrite adressée à une députée, mettant en avant les défis liés à l’application du texte actuellement en vigueur.

Selon le texte source, ce nouveau Code représente une étape clé dans la modernisation de la justice marocaine. Il est présenté comme l’une des principales garanties judiciaires de la protection des droits, en établissant un cadre procédural applicable à l’ensemble des litiges, sauf exceptions prévues par des législations spécifiques. Le ministre justifie cette réforme par les profondes mutations économiques, sociales et technologiques qu’a connues le pays, rendant nécessaire une refonte du dispositif procédural existant.

L’application du texte actuel a révélé plusieurs limites, notamment la lenteur des procédures, leur complexité, ainsi que des difficultés liées aux règles de compétence, aux notifications, à l’exécution des décisions de justice et aux voies de recours. Pour y remédier, le législateur a adopté une nouvelle architecture procédurale fondée sur des principes directeurs tels que la simplification des procédures, l’accélération du traitement des affaires, la rationalisation des exceptions de procédure et des voies de recours, ainsi que le renforcement du rôle du juge dans la conduite des procès.

La réforme accorde une place centrale à la transformation numérique de la justice. Parmi les axes prioritaires figurent la généralisation de la numérisation des procédures et du contentieux électronique, la réorganisation des règles de compétence, la clarification des délais et modalités des recours, ainsi que le renforcement de l’efficacité des notifications et de l’exécution des décisions judiciaires. Elle vise également à limiter les recours dilatoires et à élargir les prérogatives du juge pour améliorer l’efficacité judiciaire.

Cependant, le ministre insiste sur le fait que la promulgation de la loi ne suffira pas à elle seule. La réussite de cette réforme dépend d’un accompagnement institutionnel adapté, fondé sur la conviction que la qualité des règles procédurales est un levier essentiel pour améliorer le service public de la justice et garantir une application rigoureuse des textes. Il souligne notamment l’importance de la préparation des ressources humaines, condition déterminante pour l’entrée en vigueur effective du Code.

Le ministre lie explicitement cette réussite à la formation des magistrats, des avocats, des greffiers et de l’ensemble des professionnels des métiers juridiques et judiciaires. Il mentionne également l’harmonisation des pratiques judiciaires et la publication des textes réglementaires nécessaires à l’opérationnalisation de la réforme. Le nouveau Code est présenté comme une évolution à la fois législative et institutionnelle, visant à construire une justice plus efficace, plus souple et mieux adaptée aux transformations contemporaines, tout en renforçant la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire.

Un établissement spécialisé, créé sous la tutelle du ministère de la Justice, joue un rôle central dans cette dynamique. Chargé de la formation initiale et continue des professionnels du greffe et des auxiliaires de justice, cet institut a pour mission de moderniser l’administration judiciaire et d’améliorer la qualité de ses prestations. Il assure la formation des fonctionnaires des greffes ainsi que des avocats, notaires, commissaires de justice, adouls, experts et traducteurs, dans le cadre d’un dispositif désormais applicable à l’ensemble des professionnels du secteur.

Pour les magistrats, leur formation aux nouvelles dispositions relève de l’Institut supérieur de la magistrature. Le ministère travaille également à l’organisation de rencontres et de séminaires dans différentes régions du pays afin de présenter les innovations introduites par le nouveau Code, dans la continuité des démarches d’accompagnement mises en œuvre lors de réformes législatives précédentes.

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