Réforme du Code de la famille au Maroc : le silence des partis politiques face aux attentes des électeurs

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 36 lectures
Réforme du Code de la famille au Maroc : le silence des partis politiques face aux attentes des électeurs

À l'approche des échéances électorales, l'association Kif Mama Kif Baba a passé au crible les programmes de huit formations politiques marocaines concernant la réforme du Code de la famille. Cette étude met en lumière un décalage frappant entre les enjeux sociétaux majeurs et le silence observé par la majorité des partis siégeant au Parlement.

Des positions contrastées sur les droits fondamentaux

L'analyse s'est concentrée sur trois piliers : le mariage des mineures, le droit successoral et la filiation des enfants nés hors mariage. Sur ces sujets, les prises de position sont rares. Seuls l'Alliance de la gauche et le Parti du progrès et du socialisme (PPS) se prononcent explicitement pour l'abolition du mariage des mineures. Concernant l'héritage, l'Alliance de la gauche est la seule formation à proposer la suppression du mécanisme du taâsib. Quant à la filiation paternelle des enfants nés hors mariage, seul le PPS suggère le recours à l'expertise génétique, une proposition isolée dans le paysage politique actuel.

Le silence des forces majoritaires

Le constat est particulièrement marqué chez les partis dominants. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti authenticité et modernité (PAM), le Parti de l'Istiqlal et l'Union socialiste des forces populaires (USFP), qui occupent ensemble 304 des 395 sièges de la Chambre des représentants, n'ont fait aucune mention du Code de la famille dans leurs programmes. Cette absence de position est d'autant plus notable que, selon l'article 71 de la Constitution, le Parlement est l'institution centrale pour toute évolution législative de ce statut.

Divergences sur le cadre référentiel

Si certains partis évitent le sujet, d'autres adoptent des postures de réserve ou d'opposition. Le Mouvement populaire (MP) renvoie la question à un processus de révision encadré par le « référentiel islamique », tandis que le Parti de la justice et du développement (PJD) affiche une opposition explicite à toute modification susceptible de porter atteinte aux « constantes » nationales. Ces positions figées illustrent la complexité des débats entourant une réforme qui touche pourtant directement à la protection juridique des citoyens, garantie par l'article 32 de la Constitution.

Un enjeu de responsabilité démocratique

Pour l'association Kif Mama Kif Baba, ce mutisme soulève une question de transparence vis-à-vis des électeurs. La présidente de l'organisation, Ghizlane Mamouni, souligne l'incohérence de partis qui aspirent à légiférer sur la vie des familles tout en refusant d'exposer leurs intentions sur des sujets aussi structurants. À quelques jours du scrutin, cette analyse offre aux citoyens une base factuelle pour évaluer l'engagement réel des formations politiques sur les questions de société qui façonneront le cadre familial de demain.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.